En ce moment, le Land of the Healing Buddha de Vacoas accueille un moine de la Vallée de Katmandou venu partager ses connaissances sur le bouddhisme. Pour Vimla Koonja, une des responsables de cette organisation, c’est une occasion unique pour ceux qui cherchent certaines réponses dans leurs vies. Il y a quelques années, Vimla s’est lancée sur la voie de la compréhension et de l’apprentissage. Elle est rentrée récemment du Népal où elle a vécu des expériences uniques.
Il y a quelques semaines, Vimla Cahoolessur Koonja a vécu un moment privilégié. Elle se trouvait au monastère de Kopan, dans la vallée de Katmandou au Népal, lorsque des reliques ont été découvertes au milieu des cendres du Khen-Rinpoché, vénéré maître qui avait été incinéré quelques jours plus tôt. Des os, des dents, mais aussi des perles et des pierres avaient été découverts dans le crématoire du saint homme. Ces précieux objets ont désormais un statut sacré qui aidera à garder vivante la mémoire de l’abbé pendant des générations. Ayant épousé la philosophie bouddhiste, Vimla Koonja a vécu cet instant avec émotion.
Réincarnation
Le Khen-Rinpoché “avait été déclaré cliniquement mort”; la Mauricienne était revenue continuer son apprentissage au monastère qu’elle fréquente régulièrement. Selon la croyance, “durant cinq jours, comme sa conscience n’était pas morte, il est resté en méditation avant la crémation. Beaucoup de personnes, dont des étrangers, sont venues pour la cérémonie. Il y avait à manger, des gâteaux, des chants, des prières. Tout au long de leur vie, les bouddhistes se préparent à la mort. Comme nous croyons en la réincarnation et en la renaissance, il n’y avait aucune tristesse. Nous célébrions son départ.”
Assister à la découverte des reliques lui avait apporté des réponses à quelques-unes de ses questions. Un de ses maîtres lui avait rappelé que les reliques sont parmi les fruits de la pratique de la philosophie. “Voir une telle chose ne pouvait que faire croître ma foi.”
Toit du monde
Comme elle le fait chaque année depuis 2000, Vimla Koonja a traversé des milliers de kilomètres pour trouver refuge dans l’Himalaya, à la recherche de la connaissance. Il y a onze ans, elle s’était lancée dans cette quête initiatique après l’audience privée que lui avait accordée le Dalaï-lama. Elle était à cette époque une professionnelle du tourisme qui profitait de ses voyages pour visiter des lieux spirituels et rencontrer des maîtres : Sai Baba, Amma. C’est ainsi qu’elle s’était retrouvée à Dharamsala, ville du nord de l’Inde, où le Dalaï-lama vit en exil. Jusqu’à cette rencontre, Vimla Koonja était entièrement dévouée à son travail et avait appris à s’adapter à un emploi du temps ingrat. En 21 ans, elle n’avait passé que trois Noëls auprès des siens et n’avait fêté avec eux que le réveillon de 1994. Au niveau du confort et de la famille, tout était techniquement là pour assurer son bonheur. “Mais je sentais qu’il me manquait quelque chose.”
C’est ce qu’elle déclara au Dalaï-lama lors des vingt minutes que dura leur entretien. Plus tôt, en traversant la foule des dévots, il lui avait pris la main pour la saluer. Elle avait eu tout juste le temps de lui dire qu’elle venait de Maurice, avant d’éclater en sanglots. Elle avait été bouleversée par la compassion qui émanait de lui : “C’était quelque chose d’extraordinaire.” Et quand le saint homme lui conseilla : “Stop and take stock of your life”, elle réorienta le sens de son existence.
Chorégraphie
En 1985, 1990 et 2000, Vimla Koonja avait joué dans Zozef ek so palto l’arc-en-ciel de Gérard Sullivan. Les deux premières fois, elle faisait partie de la troupe qui avait suivi Lindsay Min Fa sur scène. En 2000, elle s’était retrouvée aux côtés de Nicolas Ritter, qui avait repris le rôle principal de cette comédie musicale inspirée d’un texte de l’ancien testament.
C’est Gérard Sullivan qui avait encouragé la Vacoassienne à rejoindre sa troupe après l’avoir vue à l’oeuvre à l’église de la Visitation. Danseuse de bharat natyam un jour de Divali, elle y était venue présenter une chorégraphie célébrant la lumière. Adolescente, elle s’était tournée vers cette danse lorsqu’elle s’était découvert une conscience spirituelle et lorsqu’elle avait voulu mieux comprendre les écritures sacrées. C’est cette curiosité qui la conduira un beau jour jusqu’à l’Himalaya.
Science de l’esprit
Le bouddhisme, résume Vimla Koonja, “est une science de l’esprit” qui l’a placée sur le chemin de la sagesse et de la compassion. “C’est une philosophie qui nous apprend à vivre en harmonie avec nous-mêmes et avec ce qui nous entoure. Elle nous enseigne l’interdépendance entre l’humain et tous les éléments de la nature. Nous apprenons à vaincre l’individualisme, l’égoïsme et la négativité, pour plus de sérénité. Le bouddhisme aide aussi à comprendre la souffrance et à s’en libérer.”
Suivant sa rencontre avec le Dalaï-lama, elle s’était documentée et avait fait des recherches, jusqu’à prendre conscience de la nécessité de suivre un enseignement. D’où son choix de se rendre régulièrement au monastère de Kopan. Depuis 2005, elle a commencé des études approfondies sur la philosophie bouddhique. Ce qui représente une autre étape dans son cheminement.
Land of love
Depuis six ans, elle partage à son tour les expériences acquises au sein du Land of the Healing Buddha, qu’elle a fondé avec Kim Darga. En février, le centre a déménagé de Curepipe pour un cadre plus adapté à la Route Tranquille, Vacoas. Le partage se fait indistinctement auprès de toutes les personnes intéressées, le bouddhisme étant surtout un principe de vie. Certains y viennent pour l’enseignement, d’autres en retraite, pour l’accompagnement spirituel ou tout simplement pour se retrouver à travers la méditation. Plusieurs jeunes y ont montré un réel intérêt, souligne Vimla Koonja. “Le bouddhisme les aide à trouver des repères dans la vie et à vivre de manière positive.” En ce moment, le centre donne l’occasion d’écouter les enseignements du Vénérable Ang Losang, un moine de Kopan, venu pour aider sur la philosophie, les prières et les rituels. Les séances sont quotidiennes.
Dans un an, Vimla Koonja se retrouvera une fois de plus dans la vallée de Katmandou pour apprendre. Réparties en plusieurs étapes, ces études pourront éventuellement s’étendre sur encore une vingtaine d’années. “Cela peut paraître long, mais je ne le ressens pas ainsi. Le Bouddha a laissé derrière lui 87,000 sourates. Il y a tellement de choses à apprendre et à comprendre. Et nous appliquons ces principes enseignés au fur et à mesure.”