Au départ, c’était un premier livre. Puis, l’auteur s’est pris au jeu, encouragé par les ventes de l’ouvrage à Maurice. Il s’est remis au clavier et cela pourrait devenir une série… si l’on en juge par son nouveau titre avec sous-titre. Après La République des bâtards, Bertrand d’Espaignet récidive avec L’oeillère de sir Nesbit qui peut être entendu comme un épisode de la série Les bâtards de la République. Il donne plusieurs rendez-vous aux amateurs d’aventures, des soirées littéraires et séances de dédicaces jusqu’à fin juin.
Les bâtards de la République, ces âmes bâtées, ces aventuriers des océans et de l’histoire, ces politiciens tapageurs et citoyens peu ordinaires, ces personnages étranges parce que puisés dans une autre époque, mais familiers toutefois, donnent dans la truculence au fil d’une intrigue à rebondissements. Le secret du succès du premier roman de Bertrand d’Espaignet s’explique sans doute entre autres pour ces raisons. Les mois à venir diront si le deuxième roman, écrit dans la même veine mais qui peut se lire indépendamment du premier, rencontre le même enthousiasme.
Bertrand d’Espaignet va défendre ses personnages et leur histoire dans différents endroits jusqu’à fin juin. Ça a commencé au Centre Culturel d’Expression Française vendredi soir, avec l’appui de comédiens et volontaires qui ont lu des extraits, et sous les questions de Robert Furlong dont on nous annonçait qu’elle devait mettre l’auteur sur le grill ! Peut-être sera-t-il tout à fait à point le 30 mai, à 18 h, à la librairie de l’Atelier à Port-Louis, pour le même type d’exercice intitulé « Quand l’histoire et la fiction s’emmêlent… Le cas Bertrand d’Espaignet ». Participent à ces rencontres Sandrine Raghoonauth, Manda Boolell, Dalida Furlong, Eve Hanna, Salette Siao, Pierre Baissac, Bruno Jean François, Roy Neeraye et Yvan Martial.
L’auteur se prête aussi à des échanges plus discrets à travers des séances de dédicaces, telles que celle du Bookcourt de Bagatelle samedi dernier, puis au Bookcourt du Caudan, le vendredi 24 mai de 11 h à 14 h, à la librairie de l’Atelier à Port-Louis aux mêmes horaires le vendredi 31 mai, puis le samedi 1er juin au Bookcourt de La Croisette à Grand-Baie et enfin, le samedi 29 juin à l’incontournable librairie Le Cygne, à Rose-Hill.
Histoire, aventures, amour, anecdotes, quêtes mystiques, c’est tout ce que promettent les deux ouvrages de cette saga et les soirées littéraires qui l’accompagnent en ce moment. L’appréciation du style et de l’imagination de l’auteur en revient aux lecteurs qui esquisseront eux-mêmes le visage et la silhouette de l’Adolphe de Plevitz romanesque, de Rajaruthram qui a été recruté dans le Bihar et comprendra à Maurice qu’on lui a joué un sale coup, de Mangalkan un Sakalave de Madagascar qui a fui le régime violent d’une reine sanguinaire pour se jeter dans les bras d’un gouvernorat peu tendre avec les hommes de son genre.
Haime Choisan est quant à lui un aventurier de l’empire du milieu, de ceux qui ont préféré prendre la mer plutôt que de continuer à subir le régime féodal des dynasties qui se succèdent à la Cité interdite. Il vit à Port-Louis depuis cinquante ans, apaisant peu à peu sa haine des « chiens de Mandchous et autres Qing ! » Mais pour L’oeillère de sir Nesbit, tout a commencé en 1836, au palais Saint James à Londres lors d’une conversation entre le borgne sir Nesbit Willoughby et le roi William IV où ils évoquent des souvenirs de la campagne de Russie de 1812. Sir Nesbit avait perdu son oeil à Maurice, laissant aussi d’amers souvenirs, ayant notamment trahi sa promesse de libérer les esclaves.