René Heuzey, réalisateur de documentaires depuis 25 ans, est devenu le parrain de la Fondation à vocation environnementale initiée par le groupe hôtelier Attitude. Habitué de l’île (il y séjourne au moins deux fois par an pour voir notamment les cachalots), il nous parle de ce qu’il a pu observer de l’environnement marin local et des problèmes qu’il faut résoudre.
Ayant réalisé trois films sur Maurice et trois reportages pour l’émission Thalassa, René Heuzey a pu avoir un aperçu de l’état du territoire marin mauricien. En presque quinze ans de séjours réguliers dans notre île, il a effectué plusieurs constats. “Par rapport à ce que j’ai vu dans le premier film que j’ai réalisé en 2000, le récif corallien n’a pas beaucoup changé. Il n’y a pas ni plus de poissons ni moins.” Il se délecte de la sédentarisation d’un groupe de cachalots dans l’ouest de l’île. “Depuis une dizaine d’années, il y a des cachalots qui se sont sédentarisés entre 3,000 à 5,000 miles nautiques des côtes. Ils ont créé une communauté et ils y ont élu résidence. C’est très positif.”
Mais le réalisateur exprime son inquiétude au sujet de la pêche au requin, qui se pratique aux larges de Maurice. “Il ne faudrait pas que vous rencontriez les problèmes que connaissent les Réunionnais. Les requins font partie de la chaîne alimentaire. À La Réunion, il y avait des requins de récif et des requins bouledogue. Les requins de récif mangeaient des oeufs des requins bouledogue et les bébés; cela constituait un équilibre. Mais les Réunionnais ont surpêché les requins de récif, ce qui a fait que les requins bouledogue ont proliféré.”