Le ministre de l’Énergie, Ivan Collendavelloo, se félicite du niveau des débats parlementaires autour du « sujet d’intérêt national » qu’est le Renewable Energy Agency Bill. Il assure s’être laissé guidé sur la question par le rapport de la National Energy Commission soumis en 2013 et qui, dit-il, avait depuis été mis sous scellé « sur les ordres de Ramgoolam ». Ivan Collendavelloo fait aussi état de pressions qui auraient été exercées sur le conseil de direction du Central Electricity Board (CEB) sous le précédent gouvernement PTr en vue d’un accord de hedging. Pressions auxquelles trois membres du conseil ont résisté, dit-il.
Le nouveau ministre de l’Énergie dit souscrire à l’opinion du leader de l’opposition à l’effet qu’un temps précieux a été perdu en matière de projets de développement énergétique. Il estime néanmoins que Paul Bérenger dramatise les recommandations faites par la Banque mondiale (BM). Selon lui, il est tout à fait normal que dans son rapport d’expert la BM tient en considération toutes les hypothèses possibles.
Ivan Collendavelloo souligne de plus que certaines données contenues dans ledit rapport n’étaient pas à jour. Il cite notamment l’hypothèse avancée par la BM que la centrale de Médine générera 4 MW d’électricité en 2016 alors que, explique-t-il, le chiffre exact est de 11 MW.
Le ministre de l’Énergie, qui assure avoir la pleine maîtrise du dossier, explique que l’une des tâches prioritaires du CEB consiste à l’entretien des équipements existants. Une tâche longtemps négligée, selon lui. Ivan Collendavelloo indique de même accorder une attention particulière à l’efficience énergétique. Il annonce sous ce rapport que l’Energy Efficiency Office travaille actuellement avec l’aide du United Nations Development Programme sur un projet visant à permettre à la Central Water Authority de faire des économies de 15% sur ses dépenses énergétiques.
Le ministre s’étonne d’autre part que le leader de l’opposition se soit basé sur ce qu’il appelle un « document anonyme » quand il a évoqué à l’assemblée nationale la hausse considérable des profits du CEB pour les cinq premiers mois de l’année en cours par rapport aux projections initiales. Ivan Collendavelloo dit pour sa part préférer attendre le bilan financier officiel.
Interrogé par Week-End, le ministre a quand même concédé que, par extrapolation, le chiffre avancé par le chef de l’opposition pour les cinq premiers mois de l’année n’était pas loin de la somme projetée de profits du CEB pour toute l’année 2015 (Rs 2,5 milliards) comme avancé par le directeur général de cet organisme, Gérard Hébrand, dans sa récente interview à un confrère.
En matière de profitabilité du CEB, Ivan Collendavelloo fait état de « pressions » qui auraient été exercées sur le conseil d’administration de l’organisme sous le précédent gouvernement travailliste pour que le CEB conclut un accord de hedging. Il devait à cet effet rendre hommage à trois membres d’alors du conseil de direction « dont un nominé travailliste » qui, dit-il, ont résisté à ces pressions. « Je vous laisse deviner quelles auraient été, aujourd’hui, les conséquences d’un tel hedging désastreux s’il avait été conclu par l’irresponsabilité du gouvernement PTr ».
Le leader du ML a par ailleurs regretté les invectives que se sont mutuellement adressées le député de son parti Ravi Rutnah et des dirigeants du MMM dont Paul Bérenger, mardi dans les couloirs de l’assemblée nationale. S’il plaide pour « le peu d’expérience parlementaire » et « la fougue de la jeunesse » du député ML, Ivan Collendavelloo estime en revanche que des députés « de longue expérience » comme Paul Bérenger ou Rajesh Bhagwan se devaient plus que les autres d’être des « role models ». Quoi qu’il en soit, le ministre appelle à l’apaisement et souhaite que tout cela ne se renouvelle pas.
Tout en souhaitant par ailleurs bon anniversaire à ses « camarades militants » à l’occasion du 46 anniversaire du MMM, le leader du ML déclare néanmoins être « le premier à regretter que le MMM va vers sa mort à 46 ans ». Il rend pour cela responsable la direction de ce parti, qui « ne tient pas compte des intérêts des militants ». Ivan Collendavelloo en veut pour preuve ce qu’il qualifie de nouvel « appel au secours lancé au PTr par Paul Bérenger » dans son interview de cette semaine parue dans la presse.