Le directeur de l’Entrepreneurship Development Institute de l’Inde, Manoj Mishra, est actuellement à Maurice pour conseiller le ministère de la Sécurité sociale et de la Solidarité nationale à mettre en place des programmes pour augmenter les capacités structurelles des ONG, les mobiliser en réseaux et les inciter à s’engager dans l’entrepreneuriat social. Ce concept émergent implique d’une ONG fonctionne comme une entreprise pour le bien de la communauté.
Pour dynamiser l’entrepreneuriat social (voir encadré) à Maurice, l’Entrepreneurship Development Institute (EDI) a dépêché son directeur, Manoj Mishra, dans notre pays. Cette visite se situe dans le cadre d’un protocole d’accord (Memorandum of Understanding — MoU) signé en janvier 2012 entre le ministère de la Sécurité sociale et de la Solidarité nationale et l’EDI, basé à Ahmedabad, dans l’État de Gujarat, Inde.
Mercredi, Manoj Mishra a rendu une visite à la ministre de la Sécurité sociale et de la Solidarité nationale, Sheila Bappoo, à son bureau. Jeudi il animait à l’hôtel St Georges, Port-Louis, un atelier de travail sur l’évaluation des capacités organisationnelles et l’audit social des ONG mauriciennes. Une bonne trentaine de responsables de ces ONG locales y ont assisté.
Dans son discours de circonstance, Sheila Bappoo a souligné que le concept de l’entrepreneuriat social gagne de plus en plus du terrain dans le monde. « C’est appliquer les principes de gérance d’une entreprise pour surmonter les problèmes sociaux », a-t-elle résumé. « C’est une organisation qui fonctionne comme une entreprise commerciale, mais pour des raisons sociales. C’est ce qui distingue une entreprise sociale d’une entreprise commerciale, dont le but est de faire des profits. Une entreprise sociale génère des revenus pour financer sa mission, ce qui la différencie des ONG traditionnelles qui elles dépendent des dons et autres donations ».
Sheila Bappoo a affirmé que cet atelier de jeudi avait pour objectif d’autonomiser («empower ») les ONG locales pour renforcer ce secteur. « Le but ultime c’est de libérer le potentiel des entreprises sociales mauriciennes pour créer des richesses pour les communautés cibles ».
La ministre a énuméré les mesures prises par le gouvernement dans cette perspective depuis 2005, notamment l’institution de la Corporate Social Responsibility (CSR) qui s’élève à 2 % des profits des entreprises locales pour financer des projets sociaux, l’élaboration de la première National NGO Policy basée sur le concept novateur de l’entrepreneuriat social, et la mise sur pied du Common Training Strategy Committee pour coordonner les programmes de renforcement des capacités des ONG.
« À la lumière des programmes de formation, le NGO Trust Fund a décidé que pour son appel à projets une aide financière s’élevant jusqu’à Rs 250 000 sera étendue aux projets des entreprises sociales. Alors que le Decentralised Cooperation Programme (DCP) a accepté de financer les projets des entreprises sociales jusqu’à Rs 1 million pour leur prochain appel à projets », a-t-elle annoncé.
Sheila Bappoo s’est félicité que l’entrepreneuriat social gagne du terrain à Maurice. « En sortant des sentiers battus, ces ONG apportent leur contribution à la politique de démocratisation de notre économie ».