Un groupe de travail des Nations unies, la Open-ended Working Group on Ageing (Groupe de Travail sur le Vieillissement) a été créé en 2010 pour discuter de la meilleure façon de protéger et promouvoir les droits humains des aînés. Ce Groupe de Travail a identifié un certain nombre de lacunes dans la protection de ces droits.
À la fin de 2014, les États membres de l’ONU ont été invités à présenter des propositions concrètes, des mesures pratiques et les leçons apprises afin d’améliorer la protection des droits des personnes âgées. Ces propositions seront soumises à l’Assemblée générale de l’ONU fin 2015. Il est essentiel que les personnes âgées participent à ce débat et expriment leurs opinions.?La GAROP (Global Alliance for the Rights of Older People) est un réseau regroupant 115 organisations de la société civile à travers le monde qui oeuvre à renforcer et promouvoir les droits des personnes âgées. GAROP a invité les organisations-membres, en septembre-octobre 2014, à participer, consulter, écouter les personnes âgées victimes de discrimination, et analyser l’impact sur leur vie. Ces victimes ont également été interrogées sur la privation de leurs droits.?Plus de 2000 personnes de 50 pays ont participé à cette consultation, y compris Maurice (à travers DIS-MOI). La majorité des participants étaient âgés de plus de 50 ans. 55% d’entre eux  étaient des femmes, 45% des hommes. Ils devaient répondre à titre individuel ou dans le cadre des discussions de groupe. Voici ce qui ressort de ce rapport.
DISCRIMINATION
?La majorité des participants ont déclaré être traités différemment et discriminés en raison de leur âge dans la société. Certains disent être discriminés de temps à autre. Les victimes de ces discriminations confient : « Je ne suis pas victime de discrimination en raison de mon âge, mais je pense que certains aînés sont touchés par elle.» D’autres soutiennent qu’elles ne sont pas traitées différemment, car encore actives, en bonne santé et travaillant toujours.?De nombreux participants de moins de 50 ans affirment avoir été confrontés à la discrimination sur le marché du travail. Si d’autres assurent que cette différence de traitement « était parfois positive », seul un petit nombre assure « qu’ils étaient mieux traités en raison de leur âge avancé. »?Cette discrimination des seniors prend plusieurs formes : au sein des familles, par rapport aux relations individuelles entre les membres de cette famille ; sur le lieu de travail parmi les collègues ; au sein de la communauté ou des réseaux sociaux ; au niveau institutionnel où l’on ignore le sort des personnes âgées évitées, licenciées et traitées avec suspicion. « Le médecin évite de me toucher lors de la consultation », confie un senior.
PAS MIEUX DANS LE HOME
?Les seniors sont souvent soumis à divers types de violence : physique, verbale et psychologique ; et d’abus, de négligence et d’abandon, souvent forcés à abandonner leur propriété. « Dans des maisons de retraite (Home), le personnel nous terrorise, prend notre argent, nous prive de nos allocations et menace constamment de nous expulser si nous ne nous soumettons pas à leurs desiderata ». Les seniors déplorent avoir été exclus des activités sociales, des services financiers, du processus politique, des activités de développement et de leadership, de la vie économique.?Ils se sont vu refuser l’accès aux biens et aux services : soins de santé, soutien à une vie autonome, soins palliatifs et de fin de vie, droit à l’éducation, à la sécurité sociale, aux informations appropriées, au logement, à l’emploi, au transport, aux nouvelles technologies, aux bâtiments publics et à un environnement approprié, à un emprunt ou à une police d’assurance.?La discrimination infligée à une personne âgée aura un impact considérable sur la façon dont elle se sent. La majorité des participants estime que cela a un effet négatif sur leur vie. Les seniors se sentent stigmatisés, humiliés, dédaignés et sujets à condescendance, vivent dans l’insécurité, craignent la violence physique et verbale, de perdre leur emploi ou de sortir.?Petit examen de conscience : traitons-nous bien nos aînés ?