« J’ai été très touché par le geste du Pape Benoît XVI, c’est un geste d’une grande humilité et d’une grande lucidité sur lui-même. Il réalise qu’il n’a plus la force physique d’exercer les responsabilités liées à sa charge d’évêque de Rome et de chef de l’église universelle. Il décide tout simplement de laisser les choses se faire et de passer la main à quelqu’un d’autre », a affirmé ce matin l’évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat.
Afin de dissiper certaines confusions suscitées par l’annonce du départ du Pape, Mgr Piat a expliqué que certaines personnes dans les milieux de l’église sont un peu bouleversées. « Ils croient que le Pape a “rendu sa robe”. Ce n’est pas vrai. Il ne renonce pas à son être de prêtre et d’évêque mais il n’a plus la force physique d’exercer cette charge. Donc, il se retire dans un monastère comme il l’a annoncé. C’est un peu comme le cardinal Margéot qui à l’âge de 78 ans a quitté sa charge et sa responsabilité du diocèse. Cependant il restait évêque et prêtre et il exerçait son ministère dans des choses plus humbles », explique l’évêque. Pour Mgr Piat, le Pape fait la même chose à l’âge de 85 ans. À d’autres remarques faites par certaines personnes qui se demandent comment est-il possible qu’il ait lancé l’année de la foi en octobre 2012 et qu’il se retire avant la fin de celle-ci, Mgr Piat explique qu’à l’occasion de l’anniversaire du concile, Benoît XVI a senti la nécessité de focaliser l’attention de l’Élise sur la foi. « Ce n’est pas son année de la foi mais celle de l’église. Tous les prêtres et évêques sont appelés à entrer dans cette démarche de l’année de la foi. Lui, il n’a fait qu’attirer l’attention ».
Aucune activité n’est prévue pour le moment en fonction du départ du Pape. Une messe d’action de grâce est envisagée mais aucune date n’a été fixée encore.
Interrogé concernant le successeur du Pape, Mgr Piat a affirmé qu’il n’en a aucune idée. Cependant, précise-t-il, les cardinaux se réuniront bientôt en conclave et pourront choisir un cardinal ou même un évêque pour occuper la fonction de souverain pontife.
Présentant sa lettre pastorale intitulée « Retrouver la grâce de son baptême », l’évêque de Port-Louis souligne que la foi chrétienne est enracinée dans le baptême. « Le baptême marque le commencement d’une vie de foi ». C’est la raison pour laquelle il a voulu parcourir à grands traits les grandes étapes d’une vie de foi, depuis le baptême du tout petit bébé jusqu’à l’âge adulte.
À la question de savoir pourquoi l’on baptise les petits bébés, et si cela veut dire que leurs parents leur imposent leur religion, Mgr Maurice Piat explique qu’au début de la religion chrétienne, il y a 2 000 ans, certaines personnes demandaient le baptême à l’âge adulte. D’autres se faisaient baptiser parce qu’elles faisaient partie de familles chrétiennes. « Chaque cas a un sens. Celui qui se baptise adulte met l’accent sur le choix libre de l’amour de Dieu qui l’aime d’un amour gratuit. Quant au baptême des petits enfants, cela met l’accent sur le côté gratuit de l’amour de Dieu », explique l’évêque. « Dans l’amour des parents pour leurs enfants il y a un reflet de l’amour inconditionnel de Dieu. Les parents aiment leur enfant avant de savoir si ce sera un garçon ou une fille, avant de savoir s’il sera intelligent ou moyennement intelligent, avant de savoir s’il sera beau ou moyennement beau, avant de savoir s’il aura un handicap. Cette manière des parents reflète cet amour inconditionnel de Dieu ».
L’évêque de Port-Louis a aussi évoqué l’étape de l’adolescence, caractérisée par la révolte. « Il ne suffit pas de brider la liberté des jeunes ; elle doit surtout être éduquée. Cette éducation comporte toujours un risque. C’est le risque que Dieu lui-même prend lorsque pour nous sauver, Il nous adresse la parole avec amour dans un infini respect de notre liberté ».
L’autre étape est celle de l’adulte durant laquelle beaucoup de personnes retrouvent la foi. Un événement de la vie quotidienne ou une expérience particulière peut ramener une personne sur le chemin de la foi. « Nous faisons alors l’expérience d’être rejoints par le Christ là où nous sommes rendus sur notre chemin, d’être aimés par Lui tels que nous sommes ».
L’évêque s’est déclaré satisfait de la façon dont se déroule l’année de la foi. La lettre pastorale de carême est distribuée gratuitement dans les églises. Une copie et un enregistrement sur CD sont disponibles gratuitement à l’achat de La Vie Catholique.