En temps de crise, le MTC a décidé de réduire ses dépenses. On étudie la possibilité de réduire le nombre d’établissements et de ne pas renouveler les licences de ceux ayant ramené moins de huit victoires, tandis que le barème en ce qu’il s’agit des prix remportés est passé d’un minimum de Rs 1.5M à Rs 2M. Quatre entraîneurs avaient reçu une correspondance du Mauritius Turf Club par rapport à leur manque de résultats et leur avenir sur le paysage est désormais sujet à caution. De cette liste, Shirish Narang et Jean-Michel Henry semblent en mesure de remplir, avant la fin de la saison, une des conditions relatives au renouvellement de leur contrat pour 2016, car à ce stade de la compétition leurs compteurs respectifs affichent cinq victoires, soit seulement trois de moins que le nombre minimum imposé par le club. En revanche, la situation de Raj Ramdin et de Randhir Pertaub est plus compliquée, n’ayant ramené que deux et trois gagnants respectivement. Cependant, les deux gardent espoir de pouvoir sortir de la zone rouge avant la fin de la saison.
Il y a deux sons de cloche en ce qu’il s’agit de la condition qui stipule que tout entraîneur doit terminer la saison avec un minimum de 8 victoires. «Ce n’est pas une nouvelle condition attachée à notre contrat», a déclaré Randhir Pertaub à ce sujet. Raj Ramdin avance, lui, que ce critère ne lui a été communiqué que récemment, soit dans la correspondance du MTC aux quatre entraîneurs qui se trouvent dans la zone rouge. « Nous sommes tous conscients de la situation économique actuelle du club. Je ne dis pas que c’est une mauvaise chose, mais je trouve toutefois que ces critères nous ont été communiqués assez tardivement dans la saison. C’est vrai que notre moisson n’a pas été fructueuse jusqu’ici, mais tout le monde connaît des hauts et des bas. On ne peut pas balayer dix-sept ans de carrière d’un trait juste parce qu’on traverse une mauvaise saison. En revanche, si je répète cette contre-performance l’année prochaine, alors ce serait logique que ce règlement soit appliqué», nous a confié Raj Ramdin.
Les deux entraîneurs s’accordent à dire que ce chiffre devrait être reconsidéré par rapport aux effectifs. «Il est anormal que les mêmes conditions soient attachées aux catégories A, B et C. On ne peut pas s’attendre d’un entraîneur comptant 20 chevaux de réussir le même score que celui avec 50 coursiers», ont-il laissé entendre.
Si la compétition est dominée par quelques grosses cylindrées, plusieurs facteurs sont évoqués pour expliquer cette situation. Le refus des jockeys étrangers à venir exercer sur notre turf, mais aussi les problèmes de certains entraîneurs et propriétaires vis-à-vis de la Mauritius Revenue Authority, sont des points qui reviennent sur le tapis. Le rapport Parry, qui a mis en lumière des faiblesses à plusieurs niveaux sur les courses à Maurice, a sans doute été l’élément déclencheur de ce climat instable. La morosité s’est installée parmi la communauté des propriétaires et cela a eu un impact direct sur l’acquisition des nouvelles unités, qui a connu une nette baisse cette saison. «J’ai un problème au niveau de mon effectif, car il y a un manque de nouveaux chevaux. Mais comme vous pouvez le constater, ce problème est généralisé. Je ne suis pas le seul dans cette situation», a souligné Raj Ramdin.
Malgré sa situation actuelle, Randhir Pertaub est optimiste pour atteindre l’objectif de huit victoires avant la fin de la saison. Raj Ramdin, non plus, ne baisse pas les bras malgré son effectif peu compétitif. «Avec le soutien de mes membres, j’espère remonter la pente. Je me battrai jusqu’au bout pour conserver mon écurie», a-t-il lancé avec force.