Le Centre d’éducation et de développement pour les enfants mauriciens (CEDEM), à La Caverne, Vacoas, qui compte une école et un abri pour enfants à problèmes, a récemment été rénové. L’objectif : leur offrir un cadre de vie agréable qui les valorise.
Dès l’approche du bâtiment, l’on devine qu’il s’agit d’un lieu qui accueille des enfants au vu de la peinture multicolore qui habille le mur d’enceinte de même que le portail. La cour spacieuse favorise la récréation. Les toboggans la rendant encore plus agréable. L’intérieur des salles de cours a aussi été rénové. Des coins sont aménagés afin que les enfants puissent déposer des objets de leur création réalisés selon des thématiques précises en fonction du calendrier des festivités ou de ce que propose la directrice. « Tous les mois, nous travaillons sur un thème », souligne Rita Venkatasawmy, la directrice. Ces espaces sont aussi utilisés pour exposer d’autres produits utilisés lors des occasions spéciales, afin de recréer l’ambiance de maison et favoriser l’apprentissage de ces enfants à la vie et à la culture de l’autre.
Si la rénovation coûte cher, Rita Venkatasawmy affirme tout de même que l’école s’y engage dans la mesure de ces capacités car offrir un environnement plaisant à un enfant aide à le revaloriser et à le respecter. Le CEDEM accueille de nombreux enfants qui souffrent d’un handicap, qu’il soit moteur, mental ou social. Certains, souligne la directrice de l’école, ont aussi des difficultés d’apprentissage.
Dans le cadre du parcours pédagogique, le CEDEM met désormais beaucoup plus l’accent sur une attention individuelle accordée à chaque enfant. Rita Venkatasawmy indique que dans ce sillage, « nous avons diminué de manière drastique les réunions que nous avions à l’intérieur ». Ainsi, ses collaborateurs et elle-même sont beaucoup plus souvent en classe avec les enfants.
Le CEDEM a aussi engagé un psychologue à plein temps qui a déjà établi un dossier sur chaque enfant et « on a eu des rencontres individuelles avec chaque parent », souligne notre interlocutrice. Un travail qui permet de mieux comprendre les enfants afin de pouvoir leur offrir un service qui répond à leurs besoins. À ce jour, sur les 150 enfants qu’accueille le CEDEM, une vingtaine ont des problèmes et une trentaine sont à risques. « Nous allons nous concentrer sur ces enfants à problème », dit la directrice du CEDEM, qui est d’avis qu’un tel projet pourra également être envisagé au niveau du primaire. « C’est un excellent moyen pour travailler sur les hardship cases ». Elle prévoit une hausse du nombre d’enfants souffrant de handicap social, soit un problème de comportement.
Pour ce qui est du handicap physique, le centre dispose d’équipements spécialisés permettant de se dégourdir et de s’exercer, donnés par le bureau du Premier ministre. « C’est mauvais pour un enfant en chaise roulante de toujours rester sur sa chaise. Une personne atteinte d’un handicap doit quand même s’exercer. L’enfant handicapé est mal dans son corps et souffre ». Au CEDEM, les enfants atteints d’un handicap physique ont accès à un « standing frame, une adjustable chair, un side-lyer, un horse walker, des soft splints, physio balls, physio rolls et un dynamico walker outdoor ». En s’exerçant sur ces équipements, les enfants sont soulagés. D’ailleurs, le sourire apparaît tout de suite aux lèvres et les yeux brillent lorsque l’un ou l’autre est sur un de ces équipements. Cependant, certains exercices quotidiens peuvent représenter une corvée pour d’autres mais l’attention soutenue que leur accorde la directrice et les éducatrices les encourage à le faire. « Il est important de créer un cadre pour que le corps soit stimulé », laisse entendre Rita Venkatasawmy.
La directrice du CEDEM conclut que pour l’épanouissement des enfants, il est important qu’ils soient valorisés. Outre un environment agréable pour l’apprentissage, ceux atteints d’un handicap physique doivent obligatoirement faire des exercices. Elle ajoute qu’un moyen de transport adéquat, c’est-à-dire qui garantit la sécurité physique et émotionnelle de l’enfant — car il est souvent la risée des autres — contribue à son développement. Dans ce sillage, elle en appelle aux autorités de prendre les mesures qui s’imposent en vue de réglementer ce secteur.