La municipalité de Beau-Bassin/Rose-Hill est confrontée depuis quelques jours à un nouveau macadam concernant la rénovation du Théâtre du Plaza. Le cabinet Ramphul Architects Associates, qui avait entrepris en 2002 un audit détaillé sur l’état du Plaza et nommé un consultant en 2004 pour les travaux de restauration, conteste le récent appel à candidatures lancé par la mairie pour un expression of interest pour ce projet et affirme que le contrat qui le lie à la municipalité « est toujours valide ». Il réclame aussi une somme de plus de Rs 1 M, représentant les honoraires impayés.
Alors que le financement a été trouvé, la municipalité ne pourra enclencher avant la fin de l’année la deuxième phase des travaux de rénovation comme elle le souhaitait. C’est un autre problème que doit régler d’urgence la municipalité. Toussaint André, le maire, confirme au Mauricien la correspondance envoyée par Dinesh Ramphul dans laquelle celui-ci fait mention du contrat alloué par la municipalité à son cabinet pour la supervision des travaux pour ce projet de rénovation. « Nous attendons l’avis de notre Senior Legal Adviser à ce sujet », indique le maire. Mais ce dernier se dit quelque peu surpris de la démarche de ce cabinet de consultants parce que la réhabilitation de la toiture (le plus gros morceau de ce projet de restauration), fait-il remarquer, a eu lieu en 2007-2008 selon un autre plan élaboré par l’ancien conseil. « S’il y a eu maldonne à l’égard de ce cabinet de consultants ce n’est pas ce conseil qui en est responsable », soutient Toussaint André.
Dinesh Ramphul se dit convaincu des droits de son cabinet pour la supervision des prochains travaux de rénovation en insistant sur l’engagement pris par la municipalité en 2004 dans un contrat qui lui a été remis. « Le contrat tient bon et n’a jamais été résilié », soutient-il. Le directeur de Ramphul Architects Associates énumère les travaux préliminaires entrepris depuis 2002 par son cabinet dans le cadre de ce projet de rénovation. « Nous avons abattu un travail de fourmi et pharaonique depuis la première étape qui consistait en un état des lieux du bâtiment jusqu’à la préparation des documents d’appel d’offres », dit-il. Rappelons que ces documents étaient prêts en juillet 2005 mais que le conseil municipal sortant avant les élections municipales de septembre 2005 n’a pas eu le temps de lancer l’appel d’offres pour la réalisation des travaux.
Dinesh Ramphul soutient qu’il y « a eu maldonne » par la suite à l’égard de son cabinet de la part du conseil qui est entré en fonction en septembre 2005. À partir de cette date, dit-il, la municipalité a passé outre ses services et a ignoré le contrat. Il ajoute que les deux parties étaient d’accord pour référer le contentieux devant un arbitre qualifié mais que la municipalité se serait retirée au cours de cette étape de médiation. Dinesh Ramphul affirme que la mairie doit à son cabinet plus d’un million de roupies représentant ses honoraires de consultant. Il n’écarte pas la possibilité d’avoir recours à une action légale sous forme d’une demande d’injonction si jamais la municipalité ignore le contenu de sa récente correspondance et va de l’avant avec la poursuite de travaux. Cependant, il ne souhaite pas en arriver là et fait confiance à la mairie pour trouver une solution à ce contentieux.
Soulignons que ce contrat de supervision des travaux alloué à Ramphul Associates concernait l’ensemble du bâtiment du Plaza qui abrite aussi la salle des Fêtes (à l’aile droite) et les bureaux administratifs (à gauche). Le consultant avait estimé à l’époque le coût de la réalisation du projet à plus de Rs 200 millions en raison de l’ampleur des travaux. Signalons aussi que le consultant avait dressé un constat accablant dans le rapport soumis à la mairie en 2002 après son audit sur l’état de ce bâtiment historique.