L’Ong SOS Patrimoine en péril a procédé hier après-midi à la présentation du projet de rénovation de l’hôtel de ville de Curepipe. Un exercice qui s’est déroulé en présence des membres de l’Ong, des conseillers de la ville ainsi que des officiers de la municipalité. « Nous estimons le montant des travaux à quelque Rs 40 M », a déclaré Nelly Ardill, présidente de l’association. Alors que les étapes majeure de ces travaux, visant à inclure les habitants dans la rénovation, ont été dévoilées, les conseillers de l’opposition disent toujours attendre d’avoir accès au rapport commandé dans cette optique.
La présentation pour le projet de rénovation concernant l’hôtel de ville de Curepipe, tenue hier après-midi à la salle de Conseil de la municipalité, a duré une quarantaine de minutes en présence d’Eric Guimbeau et de Radhika Jagastingh-Buspoteea, respectivement leader et secrétaire général du MMSD, mais aussi de Mario Bienvenu, maire de la ville, des conseillers du Ptr/PMSD ainsi que ceux du MMM/MSM et les membres de l’Ong. Un exercice qui a suscité l’émotion des conseillers du Ptr/PMSD ainsi que celui du maire. « L’hôtel de ville est un bijou du patrimoine que nous nous devons de préserver. SOS Patrimoine, à travers son exposé, a su réveiller ce sens de la préservation », a déclaré Mario Bienvenu. Ce projet qui, selon Nelly Ardill, coûterait quelque Rs 40 M, attend cependant toujours d’être étudié et validé par le Conseil. « Les dès sont jetés. Désormais, la balle est dans le camp du gouvernement afin de faire le nécessaire », laisse entendre cette dernière. Toutefois, le rapport, préparé en collaboration avec l’architecte Pat Ng Cheong Tin, est toujours attendu par les conseillers. « Aujourd’hui, nous avons eu un aperçu du projet, mais nous attendons toujours le rapport pour connaître la durée et le coût des travaux », explique Ananda Rajoo, conseiller du MMM. Cependant, pour SOS Patrimoine, l’exercice tenu hier après-midi est qualifié de « franc succès ». Mme Ardill poursuit : « Nous avons exploré toutes les possibilités et, aujourd’hui, nous sommes fiers de proposer les grandes étapes de rénovation de ce bijou. » S’appuyant sur un constat de la bâtisse, elle met en avant une structure saine affectée principalement par des bardeaux en voie de dégradation. Selon notre intervenante, ces derniers auraient occasionné l’infiltration d’eau « responsable de l’état lamentable » dans lequel se trouve le bâtiment.
Recommandations
SOS Patrimoine propose donc, dans un premier temps, que le bâtiment soit recouvert en attendant le début des travaux. « Il est urgent pour l’instant de limiter la dégradation du bâtiment », soutient la présidente de l’Ong. Pour autant, « l’aspect social » prôné par le projet ravit les membres du Conseil. La mise en place d’un “chantier-école” incorporé aux divers étapes de la restauration de l’hôtel de ville est vivement salué par tous. A Mario Bienvenu d’abonder dans ce sens : « Nous souhaitons inclure les habitants dans ce projet de rénovation. » Le maire est soutenu dans ces propos par Eric Guimbeau, qui rappelle fièrement que la mise en place du projet de rénovation  suit le manifeste électoral du MMSD, précisément la rénovation de l’hôtel de ville de Curepipe ainsi que la création d’emplois. Rappelons que la création d’un chantier-école permettra « la mise en place d’une part à la capitalisation des savoir-faire traditionnels à transmettre in situ, la connaissance des matériaux et techniques anciennes ou revisitées au cours des développements technologiques, et, d’autre part, de dégager une main-d’oeuvre qualifiée dans de nombreux domaines au sein des jeunes Mauriciens en recherche d’emploi ou en situation précaire ». Pour Mario Bienvenu, il reste désormais à mettre la machinerie en marche pour trouver les fonds nécessaire afin de financer les travaux. Le conseiller du MMM, Ananda Rajoo, rappelle l’urgence du début des travaux. Il propose que la municipalité puise de ses réserves pour les premiers travaux, en attendant que d’autres fonds soient trouvés dans cette optique. Et de mettre également l’emphase sur l’importance de la mise en place et du respect d’un cahier des charges pour l’entretien de la bâtisse.