La fin des vacances est pour bientôt. Des centaines de milliers d’enfants et d’adolescents reprendront les cours le 14 janvier prochain. Toutefois, la rentrée des classes pour ceux qui seront admis en Std I et en Form I se fera ce vendredi 11. Le début du premier trimestre 2013 devrait se faire dans le calme…
Des milliers d’enfants feront leurs premiers pas en primaire et en secondaire ce vendredi 11 janvier. Ils seront quelque 20 000 garçons et filles à porter l’uniforme d’un collège pour la première fois. Néanmoins, 2 700 d’entre eux attendent toujours d’être fixés sur le collège qui leur sera alloué par le Mauritius Examinations Syndicate. Ces enfants relèvent de cas dont les parents et responsables ont fait une demande de transfert d’école après la proclamation des résultats de Certificate of Primary Education, ou qui n’ont pas eu de place en Form I (« no school case ») pour diverses raisons. Cette problématique récurrente chaque année devrait être réglée cette semaine. Si la rentrée de ce vendredi ne concernera que les élèves de Std I et de Form I, les autres enfants et adolescents scolarisés reprendront le chemin de l’école le 14 janvier.
Par ailleurs, pendant que les parents organisent la rentrée scolaire de leurs enfants, de leur côté, les représentants des enseignants et le ministère de l’Éducation prévoient une rentrée sans anicroche. Toutefois, les revendications et autres griefs syndicaux lancés en 2012, voire antérieurs à cette année, seront toujours d’actualité au cours des mois à venir. De plus, certaines écoles primaires et secondaires n’ont pas été épargnées par le cyclone Dumile. En effet, une quinzaine d’établissements (dont six écoles primairse), incluant les deux écoles d’Agalega, ont subi des dommages légers, des fissures essentiellement, au cours du passage du cyclone dans notre région. Le réservoir (de 750 litres) d’eau de l’école gouvernementale de Roches-Brunes n’a, pour sa part, pas résisté aux vents de Dumile et a été projeté au sol.
CPE : pas de changement cette année
Aucun changement ou nouveauté majeure dans le secteur éducatif n’a été annoncé pour cette année. Si en prélude au forum sur le CPE, en décembre dernier, il avait été question de l’abolition de la participation des repeaters aux examens de fin de cycle du primaire en 2013, il semble que cela ne s’avérera pas. D’ailleurs, il y a deux ans, dans le cadre de ce même forum, c’est la question d’évaluation continue en marge de la révision du système du CPE qui avait été soulevée. Toutefois, comme en décembre dernier, la présentation des résultats des épreuves selon une nouvelle formule – qui catégorise les résultats des candidats selon leur nombre de participations – sera à nouveau en vigueur cette année. Il y a ici matière à encourager la discussion sur le cas des redoublants. Si le principal syndicat des enseignants se dit pour l’admission en secondaire des candidats ayant échoué au CPE dès leur première participation, plus précisément dans une classe prévocationnelle, il ressort que les haut cadres du ministère de l’Éducation abondent dans le même sens. Lors du dernier forum, le Dr Amode Taher, Chief Technical Officer, et le conseiller H. Dansinghani avaient axé leur présentation et leurs propositions respectives autour de la révision du programme du primaire, notamment l’allègement de celui-ci et la canalisation des candidats ayant échoué aux examens vers le secteur prévocationnel. Dans le document qu’il a présenté, le principal conseiller technique au ministère écrit qu’il est « advisable to limit repetition at CPE by encouraging pupils to join first year secondary Pre-Voc. stream », avec la possibilité pour les candidats concernés de concourir aux épreuves. « One year may be gained when students pass CPE the following year », ajoute-t-il. De son côté, H. Dansinghani, qui préconise également « l’admission des ‘first time CPE failures’ to prevocational education », propose de faciliter le re-sit pour les « CPE borderline cases ». Toutefois, si le ministère de l’Éducation opte pour diriger les « first time CPE failures » vers le prévocationnel, les autorités seront appelées à s’attaquer à une autre problématique. En effet, il faudrait prendre en considération le fait que bon nombre d’enfants qui, chaque année, échouent aux CPE, ont des difficultés de lecture, d’écriture et de compréhension. Certains ne savent toujours ni lire et ni écrire après avoir passé six ou sept ans sur les bancs du primaire. Envisager une nouvelle participation au CPE avec cet handicap serait assurer un deuxième échec aux candidats !
Du côté du Bureau de l’Éducation Catholique, les leçons particulières en Std V dans les écoles qu’il gère seront abolies cette année. À la place, les enfants auront droit à un programme alternatif.
ZEP : 10 ans cette année et zéro évaluation
Cela fera dix ans cette année depuis que le ministère de l’Éducation a implémenté la Zone d’Éducation Prioritaire (ZEP). Lancée vers la fin de 2003, la ZEP regroupait alors une vingtaine d’écoles qui connaissaient un taux d’échec annuel de moins de 40% au CPE. L’objectif de cette initiative était de renforcer la performance académique des élèves par le biais de programmes spécifiques, avec le soutient de la communauté, des entreprises privées, etc. Dix ans après, un bilan transparent de la ZEP se fait toujours attendre. Le président de la Government Teachers’ Union, Vinod Seegum, fait partie de ceux qui souhaiteraient que le ministère de l’Éducation et la ZEP Unit présentent enfin un bilan détaillé pour ce secteur. « Le public a le droit de savoir comment tout l’argent, du secteur privé et autres, injecté dans la ZEP a été utilisé », déclare Vinod Seegum. Quant à voir un bilan de l’Enhancement Programme, ce dernier se dit sceptique. Vinod Seegum se dit toutefois satisfait du fait que Vasant Bunwaree, le ministre de l’Éducation, ait agréé à la demande de son syndicat à propos du projet « Silence on lit ». Selon Vinod Seegum, ce programme qui vise à encourager la lecture et développer la compréhension auprès des écoliers pourra se tenir n’importe quel jour d’école et pas uniquement les vendredis, comme cela avait été annoncé initialement. Toutefois, le syndicat insiste pour la participation active des enseignants de langues orientales dans de nouvelles activités pédagogiques.