Force est de constater que le leader du PMSD, qui avait annoncé en grande pompe qu’il mettrait les points sur les «i» en ce début d’année, a dû se contenter d’assurance et de garantie à l’effet qu’il n’a jamais rencontré les dirigeants du Remake 2000 ou encore exercé de chantage à l’encontre du Premier ministre. Pour le PMSD, ces deux communiqués pourraient peser lourd sur le plan politique.
Le communiqué émispar la direction du PMSD confirme que «le vice-Premier ministre a donné l’assurance qu’il n’a jamais rencontré les dirigeants de l’opposition et qu’il n’a jamais exercé un chantage quelconque à l’égard du Premier ministre». Des observateurs politiques aguerris considèrent le troisième paragraphe du communiqué comme «des aveux d’humiliation et de faiblesse de taille»de la part du PMSD dans une conjoncture où il était question du potentiel de nuisance valuedes bleus.
Pire encore demeure le fait qu’alors que Xavier-Luc Duval avait cru régler le problème Michael Sik Yuen en expulsant le ministre du Tourisme des rangs du PMSD à la veille du Nouvel An, Navin Ramgoolam renvoie le leader du PMSD à la case départ. Dans le communiqué émis par le Bureau du Premier ministre faisant état des discussions entre les deux leaders de l’alliance gouvernementale, mention est faite que, «d’un commun accord, ils ont constaté qu’il s’agissait d’un problème interne au PMSD et le Premier ministre respecte la position de son partenaire». Sans plus.
Le poste d’Attorney General offertau PMSD?
Ainsi, depuis le 30 décembre, le PMSD n’est représenté que par un ministre au sein du gouvernement contre deux au lendemain des élections de mai 2010 et avec trois parlementaires à l’Assemblée nationale, soit Xavier-Luc Duval et les deux Private Parliamentary Secretaries Thierry Henry et Aurore Perraud. Tout porte à croire que malgré la semaine de tensions au sein du gouvernement, cela n’a débouché sur aucune concession de la part du Premier ministre à l’égard de son partenaire, littéralement déplumé politiquement. Si, tout au moins, une offre quelconque avait été formulée, l’honneur des bleus aurait été sauf. D’autres sources avancent que dans les prochains jours, une opération de repêchage est possible avec le portefeuille d’Attorney General offert au PMSD en vue d’atténuer les amertumes politiques.
Mais le communiqué du Bureau du Premier ministre semble confirmer la reddition politique du PMSD. «Au cours de cette rencontre, le Premier ministre et le vice-Premier ministre ont convenu de travailler ensemble pour le bien-être des Mauriciens, pour la croissance et pour l’unité nationale comme cela a été le cas pendant les quinze ans durant lesquels ils ont été associés», poursuit le Prime Minister’s Office.
De son côté, la direction du PMSD concède que «le PMSD continue son travail dans la solidarité au sein de l’alliance en vue de réaliser le programme gouvernemental et les mesures budgétaires». La publication de ces deux communiqués conclut une fin de semaine marquée par deux tête-à-tête entre Navin Ramgoolam et Xavier-Luc Duval, soit la première d’un peu plus d’une heure, mercredi, et la seconde après la première réunion 2014 du Conseil des ministres, vendredi.
Aucun détail n’a transpiré de ces consultations sauf que Xavier-Luc Duval aurait essuyé une fin de non-recevoir tacite devant toute proposition susceptible d’affecter la position de Michael Sik Yuen au sein du gouvernement. La frustration des partisans du PMSD devant l’absence de nominations aurait été abordée, selon des sources non-confirmées. Dans l’entourage du leader du Parti travailliste, l’on s’est évertué à démentir les allégations  que des offres avaient été proposées à Aurore Perraud pour rester au gouvernement en cas de départ du PMSD.
Toutefois, le silence lourd du vice-Premier ministre et ministre des Finances lors des délibérations du Conseil des ministres de vendredi a retenu l’attention de plus d’un présents autour de la table du Cabinet Meeting Room. Cette attitude du leader du PMSD a contrasté avec l’assurance affichée par Michael Sik Yuen, qui ne s’est épargné aucun effort pour déclarer aux journalistes présents aux abords du Treasury Building : «Mo ankor minis.»
Consultations tous azimuts
D’ailleurs, Michael Sik Yuen a été un des derniers membres du gouvernement à quitter le Treasury Building après le Conseil des ministres. Impossible de confirmer s’il a été retenu par le chef du gouvernement pour un échange de vues. Par contre, la certitude de cette journée de vendredi est qu’à aucun moment lors des discussions au Conseil des ministres, le contentieux du PMSD avait été évoqué ou même effleuré.
De son côté, le leader du PMSD a également animé une série de consultations tous azimuts avec des membres de son parti et aussi certains proches collaborateurs. Week-Endn’est pas en mesure de confirmer officiellement si le déjeuner entre Xavier-Luc Duval et le couple Hardy de l’Église chrétienne de mardi dernier dans un établissement hôtelier éloigné de Port-Louis en fait partie.
Tout au long de la semaine, Xavier-Luc Duval avait obtenu de ses pairs du PMSD que lui seul était habilité à discuter ou encore à faire des déclarations à la presse. Il a affirmé vouloir verrouiller le système pour ne pas le gêner dans les négociations avec le leader du Parti travaillliste jusqu’à leur conclusion après une longue séance de travail des membres du PMSD d’hier et la publication synchronisée des communiqués des deux camps.
Le leader du PMSD, qui avait trouvé grâce aux yeux des parlementaires de l’opposition, au point de bénéficier d’un temps de répit pendant toute la durée des débats budgétaires, a commencé à intriguer les dirigeants du Remake 2000 depuis mercredi soir et, dès jeudi, ces derniers se sont mis à revoir leur stratégie visant à inclure le PMSD dans leurs rangs pour la prochaine campagne électorale.
Néanmoins, l’épisode des deux communiqués est venu mettre un terme à une partie de cache-cache politique, alors que certains sont d’avis que«le vers est déjà dans le fruit à l’hôtel du gouvernement»et qu’étrangement l’expression de «confiance réitérée et renouvelée»ne figure nullement dans les deux communiqués d’hier…