Le secondaire privé, principal partenaire du ministère de l’Éducation, était convaincu qu’il allait entamer la nouvelle année scolaire dans de meilleures conditions. Mais le ministère n’a pas donné suite aux recommandations du “Fast track Committee” sur les principales demandes des collèges en vue d’une meilleure prise en charge des enfants faibles académiquement qui leur ont été confiés. L’absence de dialogue entre les deux partenaires, concernant le déroulement de l’année scolaire, ajoute à la frustration qui règne dans ce secteur. A la veille de la grande rentrée, prévue lundi, les opérateurs du privé expriment leur déception.
Les enfants qui sont faibles académiquement à la sortie du primaire ne trouvent pas place dans les collèges publics. Ceux-là sont généralement admis dans les collèges privés. Cette année, des enfants ayant réussi au CPE avec seulement 4 à 6 unités (ce qui est un niveau très faible) ont été admis en Form I dans ces établissements privés. Ce qui fait dire à Bashir Taleb, directeur de l’Islamic College et président de la Fédération des Managers : « La triste réalité dans nos collèges, c’est qu’il y a un recrutement d’élèves qui n’ont pas le potentiel académique. Nous sommes en train de devenir des ZEP Schools au secondaire… ». Et d’ajouter que le  privé  ne conteste pas le fait d’avoir à accueillir de plus en plus cette catégorie d’enfants, mais que les chefs d’établissements et les enseignants réclament tout simplement des moyens pour s’occuper d’eux. Voici les principales requêtes du privé débattues dans ce “Fast track Committee” et qui seraient des « urgences » : la réduction du nombre d’élèves par classe (pas plus de 30), la possibilité de poursuivre les classes du HSC jusqu’à 21 ans au lieu de 20 ans, l’introduction du poste de Senior Educator (une recommandation du PSC) ou encore le recrutement d’un IT Technician. « Toute ces questions ont été discutées en toute transparence et en présence d’un représentant du ministère. Les procès verbaux des réunions montrent que tous étaient d’accords pour la mise en pratique de ces mesures dès janvier de cette année.   Maintenant, on nous dit que ce n’est pas possible à cause de la “Nine-Year School”. Nous sommes obligés de conclure deux choses : soit les fonctionnaires ne veulent pas enclencher les procédures pour passer à l’action, soit le ministère ne nous considère pas comme un partenaire », dit Bashir Taleb. Ce “Fast track Committee” sur lequel les représentants du privé avaient fondé beaucoup d’espoirs étaient présidés par Serge Ng Tat Chung, président du board de la Private Secondary School Authority (PSSA).  
Cette année encore, les responsables du secondaire privé se plaignent de l’absence de communication et de concertations sur des décisions majeures. Cette manière de faire du ministère est source d’agacement dans ce secteur de l’Éducation. « Chaque matin, le ministre annonce une nouvelle décision qui prend au dépourvu tout le monde, y compris les cadres de son ministère. On ne sait plus où on va dans l’Éducation. On ne veut plus fonctionner selon les caprices du ministre », dit le directeur d’un grand collège privé. Il n’est d’ailleurs pas le seul à souhaiter un « changement d’attitude » du ministère à l’égard du privé.  
Du côté des collèges d’Etat,  les recteurs constatent que le ministère s’est concentré uniquement durant le mois de décembre sur l’admission en Form I et a ignoré les autres aspects qui contribuent au bon fonctionnement de l’école. Les chefs d’établissements  appréhendent par exemple un manque d’enseignants tout le long du premier trimestre. « Après l’exercice de transferts en décembre de ceux qui sont sur l’establishment, on doit s’attendre à un manque d’enseignants dans  plusieurs matières, que ce soit dans les collèges régionaux ou nationaux », dit Madoo Ramjee, président du syndicat des recteurs et assistants recteurs des collèges d’Etat. Depuis quelques années, le gouvernement préfère faire appel aux contractuels – plus connus sous l’appellation “Supply Teacher” –   au lieu de remplir les postes vacants après les départs à la retraite. Selon Madoo Ramjee, il y a, dans chaque collège, trois ou quatre Supply Teachers qui pallient le manque d’enseignants permanents. Parmi eux se trouvent des jeunes qui viennent d’obtenir leur diplôme universitaire et qui n’ont aucune expérience dans l’enseignement, mais aussi d’anciens enseignants à la retraite.
Des recteurs des collèges publics faisaient aussi part hier, lors de la rentrée de Form I, de leur souci par rapport au nettoyage de la cour. Il faut en effet savoir que, depuis plusieurs années, le gouvernement fait appel au service privé pour l’entretien des écoles. Selon le syndicat des recteurs, les  contrats avec les sociétés de nettoyage, dans beaucoup de collèges, sont arrivés à terme le 31 décembre et, de ce fait,  les écoles concernées se trouvaient hier, soit à deux jours de la grande rentrée scolaire, dans un état peu agréable. « Les contrats n’ont pas été renouvelés à temps et les cours de plusieurs écoles se trouvant dans la zone 2 sont sales. Sans compter qu’il faut aussi tondre le gazon. On espère que le ministère fera le nécessaire pendant le week-end », dit Madoo Ramjee.