L’Assemblée nationale a adopté à 1 heure ce matin le renvoi des élections villageoises à 2020. Le Premier ministre, Pravind Jugnauth a affirmé que ces élections auront lieu après les prochaines législatives de 2020, tout en soulignant que les prochaines législatives devront être organisées au plus tard en mai 2020.

Pravind Jugnauth a déclaré que « on 21st December 2019, this Parliament will stand dissolved and general elections must be held by May 2020 at latest. We consider that it would be more appropriate to hold elections of councillors after the general elections ». Il a ajouté que l’amendement à la Local Government Act vise à apporter plus de précision sur la tenue de ces élections villageoises.

« According to the Local Government Act of 2015, the election of councillors to a village council shall be held in 2012 and thereafter every six years or in such other year and at such date as the president shall on the advice of the Prime minister appoint », dit-il en ajoutant que « j’avais la possibilité de demander au Président de la République par intérim d’émettre le Writ of elections mais j’ai décidé de venir à l’Assemblée nationale pour plus de transparence ».

« Avec ce changement, nous ne renvoyons pas les élections mais nous ne faisons que les fixer. Nous renforçons la démocratie avec clarté et précision » a-t-il poursuivi. Il déclare ne pas être surpris par les arguments de ses opposants politiques qui, selon lui, ont déjà été associés au renvoi de ces élections dans le passé. « Some of the legislations we are preparing will have a bearing on councillors but not so much bearing as to justify that we should hold elections after December » a-t-il indiqué.

Le chef du gouvernement est revenu sur les différentes occasions où le Parti travailliste avait renvoyé ces élections dans le passé. Il a aussi reconnu qu’il faut prendre au sérieux la proposition du leader de l’opposition, qui préconise que les élections législative, municipale et villageoise soient tenues le même jour. Et d’ajouter qu’il n’y avait aucune « ulterior motives » en accordant des pouvoirs à la VPM Jeewa-Daureeawoo et que les réserves émises à ce sujet ont été prises en compte.

Quant au chef de file du Parti travailliste, Shakeel Mohamed, il a affirmé que le gouvernement mise sur la confusion provoquée par les amendements apportés par le précédent ministre des Collectivités locales et administrations régionales en 2015, Anwar Husnoo. « C’est une confusion émanant de ce même gouvernement. Il n’y en avait pas avant. Ces élections auraient dû se tenir maintenant » a-t-il laissé entendre. Lui donnant la réplique, le Deputy Prime Minister, Ivan Collendavelloo a maintenu que le gouvernement apporte plus de « clarity » pour la tenue des éventuelles élections. « There has never been any challenge in the Supreme Court pertaining to the postponement of general elections », a soutenu le numéro deux du gouvernement.

Arvin Boolell a affirmé que le gouvernement a créé une « unnecessary confusion » depuis les changements apportés en 2015. Selon lui, il n’y a aucune justification pour le renvoi de ces élections villageoises. « La loi Aimée remains to large extent untouched » a-t-il dit, en soulignant que « le gouvernement doit des excuses à la population pour ces décisions sur une base de “trial and error” ».

Alan Ganoo s’est réjoui que les réserves émises au sujet des pouvoirs que le gouvernement allait octroyer à la VPM Jeewa-Daureeawoo « aient été prises en considération », ajoutant : « Heureusement que le bon sens a prévalu. » Toutefois, il a laissé entendre que personne ne croit aux arguments de la majorité que les projets de développement dans le pays ainsi que la préparation de plusieurs projets de loi sont les seules raisons du renvoi des élections villageoises. « C’est du cynisme. On prend les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages », a-t-il dit.

Pour le député du MMM Franco Quirin, le pays assiste à un « tripotage honteux de la Local Government Act ». Il a déclaré que la panique et la mise en scène autour de la présentation de ces amendements « sont la transcription d’une panique généralisée qui s’est installée au sein du gouvernement ».