Un ancien employé de Mauritius Telecom (MT) poursuit l’opérateur pour renvoi injustifié. Dans une plainte logée en Cour suprême, cet habitant de Bon-Accueil réclame des dommages et préjudices de Rs 2,3 M. L’affaire sera appelée demain devant le Master & Registrar. La décision de mettre un terme à son emploi serait, selon le plaignant, « unjustifiable, unlawful, unconstitutional, irrational and tainted with serirous procedural impropriery and in breach of the rules of naturals justice ». Il a retenu les services d’un avoué, Me Candhayalallsing Seebaluck, Senior Attorney.
Cet ancien employé de MT requiert l’intervention de la Cour pour réclamer sa réintégration « with all the past benefits and increments accruing to him and under the same terms and conditions » et le paiement de Rs 2,3 millions, soit le cumul de son salaire de novembre 2012 à août 2014 et Rs 2 millions pour des dommages moraux et préjudices. Le plaignant était employé chez MT depuis le 12 juin 2006 et occupait le poste d’Assistant Sales Representative à l’Indirect Sales Unit depuis mars 2009. Dans sa plainte rédigée par Me Candhayalallsing Seebaluck, il raconte qu’un de ses collègues lui avait conseillé de se tenir sur ses gardes en raison de ses « affinités politiques ». Le 13 août 2012, il était affecté à la Telecom Tower pour assister à un exercice de « stock taking ». Par la suite, il lui a été reproché la présence de discrepancies (divergences) dans ses comptes et un « certain nombre d’anomalies » signalées par le système informatique de MT.
Selon le plaignant, au lieu de remédier au problème, son employeur lui aurait imputé les manquements détectés par le système et des anomalies dans le stock de cartes prépayées de Rs 50 et de Rs 100. Il a été informé, dans une lettre du 14 septembre 2012, de sa suspension, avec effet immédiat, sur la base des discrepancies dans le stock relevé par l’auditeur interne de MT. Son employeur lui aurait ensuite demandé de fournir des explications par écrit au plus tard le 21 septembre 2012. Entre-temps, l’homme avait retenu les services d’un avocat, qui a réclamé l’accès à certaines informations. Cette demande d’informations aurait été faite à la direction de MT au sujet des chargés retenues contre lui, mais la direction n’avait pu les produire, souligne-t-il dans sa plainte. L’avocat du plaignant avait également réclamé davantage de temps pour préparer l’affaire.
L’ancien employé a été convoqué devant un comité disciplinaire à trois reprises pour répondre de six charges, qu’il a toutes réfutées. Le 12 novembre 2012, il déclare avoir reçu une lettre de la direction de MT stipulant que les charges pesant contre lui avaient été « prouvées », lui signifiant ainsi son renvoi. Selon le plaignant, son renvoi était « injustifié » et contraire aux principes de la loi et de la Constitution. Il estime avoir servi de « bouc-émissaire » pour les manquements dans le système géré par MT et affirme ne pas avoir eu le temps et les facilités requis pour préparer sa défense, constituant ainsi une entorse à ses droits constitutionnels sous l’article 10 (7) de la Constitution ayant trait au « right to a fair hearing ».
Selon le plaignant, les procédures appliquées par son ancien employeur relevaient d’un « abus d’autorité et de pouvoir » et comportaient plusieurs manquements. Il souligne de plus n’avoir jamais eu la possibilité de faire appel à la décision de renvoi. L’ancien employé a attaché à sa plainte une copie de la lettre adressée par le département des Ressources humaines de MT faisant mention de « gross misconduct » suite aux six charges retenues contre lui par la direction.
La Mauritius Telecom Employees Association (MTEA), le syndicat d’employés auquel le plaignant est affilié, avait adressé une demande au Chairman et aux membres du conseil d’administration de MT pour sa réintégration en faisant appel à leur « sens de la justice ». Parallèlement à son action en Cour suprême, une plainte a été consignée au ministère du Travail.