Le ministre de l’Agro-industrie a présenté hier un texte de loi portant sur la réorganisation de l’administration de la Mauritius Society for the Prevention of Cruelty to Animals (MSPCA). Satish Faugoo a aussi fait mention des différentes critiques formulées contre cette association et a préconisé le développement d’un sens d’appartenance de la part de ses membres. Il a fait un constat d’échec de la campagne en vue de contrôler les chiens errants et a déploré que les dog shows soient utilisés comme plateforme commerciale par certains éleveurs.
Satish Faugoo a fait état hier au Parlement des exigences et des nouveaux besoins concernant la protection des animaux. Le ministre de l’Agro-industrie a observé que les institutions existantes, les politiques et l’encadrement légal ne répondent pas aux besoins du jour. C’est la raison pour laquelle son ministère s’est engagé dans une réforme profonde de ce secteur. « Our new approach will impose a duty of care and responsibility on owners of pets and animals. Animal Welfare cannot be achieved without responsible ownership, which requires knowledge, skills and long term commitments to animals », a-t-il dit.
Le Mauritius Society for the Prevention of Cruelty to Animals (Temporary Provisions) Bill constitue un premier pas dans le cadre de ce programme de réforme en vue de s’assurer du bien-être des animaux. Actuellement, la MSPCA gère trois cliniques à Rose-Hill, Union Park et Calodyne afin d’offrir le traitement nécessaire aux animaux. La société organise d’autre part des activités littéraires, des campagnes de sensibilisation, le ramassage des chiens errants et des pets shows ainsi que des dog shows. L’association dispose d’un budget d’environ Rs 3,5 millions. Actuellement, elle est gérée par un conseil composé de 18 personnes élus tous les deux ans. Un secrétaire est chargé des activités quotidienne de la société.
Satish Faugoo a par ailleurs fait mention de nombreuses protestations de la part du public concernant la gestion de la MSPCA. Il a observé que plusieurs personnes s’accordent à dire que le grand nombre de membres empêche le bon fonctionnement du conseil. Le ministre a aussi constaté que le processus électoral n’est pas équitable, n’étant pas effectué sous la supervision d’une institution indépendante. Par conséquent, ce processus mérite d’être revu. Il constate également que le fait que certains membres du conseil soient des éleveurs présente un conflit d’intérêts dans le mesure où la MSPCA est responsable de l’enregistrement de ces derniers.
Le ministre va encore plus loin en observant que l’activité de « dog breeding today is a lucrative business and certain dog breeders are denied opportunities both in breeding and dog shows ». « This is particularly prevalent in dog shows organized by the MSPCA. These dog shows act as a business platform for certain breeders », a-t-il déploré.
Satish Faugoo a fait remarquer que les dog shows ne sont régis par aucune législation. Par conséquent, beaucoup de participants se sont plaints des frais exorbitants réclamés non seulement pour y prendre part mais aussi pour s’affilier à la Fédération Canine Centrale (FCC), une association non gouvernementale enregistrée auprès du Registrar of Association.
L’émission des pedigree certificates constitue également une source d’inquiétude. Présentement, il n’existe aucune autorité qualifiée pour les émettre. Aucune organisation n’est reconnue par le ministère de l’Agro-industrie. « My Ministry has received complaints that the FCC has proclaimed itself as the authority to issue Pedigree certificates. Some members of the MSPCA Council are also members of the FCC. One of the conditions imposed by the MSPCA for registration of puppies of pure breed is to have a birth certificate delivered by the FCC », a dit le ministre.
Source d’inquiétude
De plus, a expliqué Satish Faugoo, les chiens errants constituent une nuisance à Maurice et une source d’inquiétude pour le gouvernement. C’est la raison pour laquelle un montant de Rs 10 millions a été consacré à une campagne de contrôle en en 2012 et 2013. « In spite of the additional resources made available by Government, the MSPCA has failed to meet the target set for the control of stray dogs », a-t-il constaté.
Le ministre a estimé que la situation s’est empirée dans la mesure où la MSPCA a suspendu le programme de ramassage qui avait été établi. Un seul fourgon est utilisé pour attraper les chiens, dont le nombre s’élève à 676 pour les deux premiers mois de 2013 contre 1 857 l’année dernière. L’objectif est d’attraper environ 2 500 chiens mensuellement.
La nouvelle législation prévoit la création d’un comité de gestion intérimaire de la MSPCA avec un nombre réduit de membres ; l’abolition du poste de secrétaire et la nomination d’une directeur à plein temps ; et la réorganisation des activités de la MSPCA en ligne avec les objectifs fixés par le gouvernement. Satish Faugoo a annoncé que le gouvernement de propose de limiter le nombre de chiens ramassés et d’adopter une politique de stérilisation massive. Ce changement de politique fait suite à des nombreuses consultations avec les différentes parties prenantes. L’aide des organisations compétentes en Inde, en Grande-Bretagne et aux États-Unis a été sollicitée en vue de trouver les ressources nécessaires afin de mener à bien ce programme. « The present dog catching and killing method adopted by the MSPCA has not proved to be effective to control stray dogs so far. In fact, this has been the cause of bad publicity from overseas Animal Welfare groups towards Mauritius », a dit le ministre. Satish Faugoo a finalement annoncé la construction d’un hopital doté d’équipements modernes, d’un laboratoire et d’une salle pour garder les animaux en observation.