Pour la troisième année consécutive, Rodrigues a rouvert hier la pêche aux “ourites” après deux mois de fermeture destinés à favoriser le renouvellement des ressources. À cette occasion, une cérémonie se tient à Pointe-Monier en présence d’une centaine de pêcheurs. Cette année, l’Assemblée régionale de Rodrigues (RRA) a renforcé l’engagement des communautés pour appuyer la surveillance et l’organisation des activités alternatives, grâce au financement, entre autres, de l’Union européenne à travers le programme SmartFish de la Commission de l’océan Indien (COI).
« Ces mesures supplémentaires reflètent vraiment une approche participative de la gestion de la fermeture », a déclaré Henri Agathe, conseiller en développement économique au bureau du Chef commissaire. « Nous sommes très heureux de la responsabilisation de tous et de l’engagement de la communauté pour stopper le braconnage », a-t-il conclu. En effet, la lutte contre le braconnage a été le défi majeur des éditions précédentes, de sorte que, cette année, la RRA a décidé d’impliquer 200 pêcheurs pour rejoindre l’équipe de surveillance locale. D’autre part, 44 jeunes, issus des différents comités de village, ont été recrutés pour encadrer les 1 240 pêcheurs engagés dans des activités alternatives, afin d’obtenir de meilleurs résultats.
« SmartFish a soutenu l’idée innovante de la RRA d’engager les jeunes de la communauté pour superviser les activités alternatives », a rappelé Dominique Greboval, chef du programme SmartFish. « Ce partenariat entre communauté et autorités est essentiel pour assurer la durabilité de la pêcherie d’ourites. » Les 200 pêcheurs recrutés ont ainsi participé significativement à la fermeture en signalant les cas de braconnage suspectés et en faisant remonter les informations à la police de l’environnement. Les pêcheurs restants ont participé au ramassage des ordures dans la nature ainsi qu’au nettoyage des rivières, espaces côtiers, routes et réserves naturelles, mais aussi à l’embellissement des centres de santé, de jeunes et des écoles, à la préparation des terres agricoles, à l’entretien des forêts et à l’enlèvement des espèces invasives, entre autres. « L’organisation des activités alternatives est une composante essentielle de la fermeture de la pêche », a indiqué Henri Agathe, « car elles compensent le manque à gagner des pêcheurs et les occupent pour réduire l’incidence de la fraude ».
La pêche occupe plus de 10% de la population active de Rodrigues et représente un apport économique et nutritionnel majeur, avec une consommation annuelle par habitant estimée à environ 50 kg. Le secteur de la pêche à Rodrigues est actuellement dominé par l’exploitation des ressources du lagon par la pêche artisanale, en particulier le poulpe, animal emblématique de l’île. SmartFish est un programme de développement régional en appui au secteur pêche de 20 pays de la région de l’Afrique australe et orientale et de l’océan Indien. Il a apporté son soutien technique et financier à Rodrigues dès la première fermeture de la pêche aux “ourites” en 2012.