La période impressionniste de Pierre-Auguste Renoir s’inscrit dans la suite des guinguettes de bord de Seine peintes, et témoigne des recherches picturales dictées par ce courant artistique. Il prendra ses distances du mouvement et adoptera une approche aux contours plus précis. Renoir est né le 25 février 1841.
Suivant ses amis impressionnistes Frédéric Bazille et Claude Monet sur la lumière naturelle, Pierre-Auguste Renoir travaille sur le motif en forêt à Fontainebleau. Ses recherches artistiques vont couvrir un large éventail, mais le peintre est tenu par la double nécessité de vendre des tableaux pour vivre et de se tailler une place sur la scène parisienne durant ce qui fut sa période impressionniste (1864-1883).
Outre les oeuvres de vues citadines et de paysages, comme les vues de Paris peintes avec Monet, son propos artistique s’exprime aussi dans de nombreuses scènes de genre, des portraits en plein air qui séduisent le spectateur par leur luminosité et leur expressivité.
À partir de 1864, il expose ou tente d’exposer au Salon. Il est accepté en 1864, mais est refusé en 1866, malgré l’intervention de Corot.
Impressions.
Il n’a pas davantage de chance l’année suivante, avec une création qui permet de discerner l’influence qu’exerçait Gustave Courbet sur Renoir à cette époque.
Renoir s’appropriera un mode de représentation picturale en travaillant à La Grenouillère avec Monet, peignant l’animation de ce lieu de loisirs de la bourgeoisie parisienne, avec des touches de couleur rapides et vigoureuses simplifiées à l’extrême, des personnages à l’état d’esquisse, un art de la lumière rendue par des reflets mobiles. Il rend ainsi compte de l’“impression” régnant dans ce lieu.
Renoir affirme les composantes essentielles de la peinture impressionniste, en particulier la division des tons, et la recherche délibérée d’une clarté accrue par une couche légère de peinture, qui apparaît dès 1872. Cela caractérisera l’exécution de la plupart des oeuvres rattachées à sa période impressionniste : La loge (1874), Le Moulin de la Galette (1876).
Ce parti pris semble bien constituer l’élément capital sur lequel s’appuient alors ses recherches plastiques. Petit à petit, naît une oeuvre que certains n’hésiteront pas à qualifier d’anti-impressionniste. Sa caractéristique principale est l’emploi d’une pâte plus ou moins épaisse mais toujours résineuse, contrairement à la pâte d’un Monet. ?
Période ingresque.
Pendant ces années de “misère”, Renoir aura peint de fabuleuses toiles impressionnistes, aujourd’hui des chefs-d’oeuvre connus dans le monde entier, dont Le Déjeuner des canotiers. C’est là une de ses toiles majeures, qu’il achèvera en 1881 (Aline Charigot, l’épouse de Renoir, est la jeune femme assise à gauche et, en face d’elle, le peintre Gustave Caillebotte).
Renoir affichera du détachement à l’égard de l’impressionnisme. “Vers 1883, il s’est fait comme une cassure dans mon oeuvre. J’étais allé jusqu’au bout de l’impressionnisme et j’arrivais à cette constatation que je ne savais ni peindre ni dessiner. En un mot, j’étais dans une impasse.” Il s’éloigne de plus en plus de l’impressionnisme, les contours de ses personnages deviennent plus précis. Il dessine les formes avec plus de rigueur, les couleurs se font plus froides. Ce sera sa période ingresque.
La transition sera progressive, car Renoir est en perpétuelle recherche d’un art pictural absolu. Dans une de ses correspondances, on lit : “Je suis encore dans la maladie des recherches. Je ne suis pas content et j’efface, j’efface encore…” Elle est d’abord caractérisée par un dessin plus précis et par des aplats, comme dans Les Parapluies (1884), ou par un contour net, une matière lisse et une répartition uniforme de la lumière.
Manière impulsive.
L’intérêt du public est enfin immense. Après 1897 et jusqu’à la fin de sa vie (1919), Renoir adopte une manière impulsive, sans retouches, à laquelle vont se rattacher d’innombrables figures de femmes plantureuses et nues. Les figures ne se fondent plus dans le paysage, mais apparaissent nettement démarquées, à l’exemple de la Jeune fille se coiffant les cheveux.
Souffrant de rhumatismes articulaires, Renoir est contraint, au début du siècle, de rechercher un climat plus doux. Il s’établit tout d’abord à Grasse, puis à Cagnes, où il est frappé, en janvier 1912, d’une paralysie des jambes et des bras. Opéré au mois d’août de la même année, il continuera de peindre, son pinceau attaché à la main, durant les sept années qui lui resteront à vivre.
Renoir a laissé une oeuvre considérable : plus de 4,000 peintures, soit un nombre supérieur à celui des oeuvres de Manet, Cézanne et Degas réunies.