En réponse à l’article d’opinion de “Pipol” publié dans Le Mauricien (page Forum) du 8 janvier 2014, nous voudrions faire ressortir les points suivants :
 L’expérimentation animale dans le cadre du processus de développement, de l’évaluation et de l’approbation d’un médicament contribuant au traitement ou à la prévention de maladies pour l’homme et l’animal est obligatoire dans la grande majorité des pays où ces médicaments sont mis au point tels que les États-Unis, l’Europe, l’Australie et ainsi de suite.
La raison en est très simple : les gouvernements ont la responsabilité de garantir l’innocuité, l’efficacité et la qualité de chaque nouveau médicament avant sa commercialisation. En effet, qui serait prêt à prendre un médicament ou à subir une opération sans avoir la garantie que le produit ou la procédure offre efficacité et sécurité contre des complications de santé ou éventuellement contre un décès ou autre morbidité ? Personne à ce que nous sachions !
On se demande si  »Pipol » s’engagerait à refuser tout traitement médical qui aurait été mis au point grâce à l’expérimentation animale ? En d’autres mots, serait-il prêt à refuser toute forme d’analgésique, d’antibiotique, d’opération chirurgicale ou de traitement spécialisé et, en ce faisant, permettre à un simple rhume de se développer en pneumonie, une simple infection gastro-intestinale en maladie grave voire mortelle ou à toute infection d’entraîner la gangrène, l’amputation ou la mort ? Serait-il prêt à exposer ses enfants ou d’autres membres de sa famille à ce même cas de figure ?
En réalité, la médecine moderne ne pourrait exister sans l’expérimentation animale. Il n’y a pas de médecin qui se respecte, ni de scientifique, ni de vétérinaire, ni d’expert véritable dans le domaine de la science médicale qui dirait le contraire.
Internet regorge d’articles “scientifiques” qui mentionnent des alternatives à l’expérimentation animale mais nous mettons au défi  »Pipol » de trouver ce traitement médical efficace qui aurait été mis au point comme par chance ou par enchantement, sans qu’il n’ait été nécessaire de ne vérifier ni son efficacité, ni son dosage ni sa toxicité et ni son interaction avec d’autres organes et le reste du corps humain.
Nous savons qu’il y a plusieurs milliers d’années de cela, les vertus médicinales de beaucoup de plantes furent découvertes par un pur hasard sans que cela n’engage de test sur les animaux. Mais nous savons aussi qu’une pléthore d’autres plantes toxiques et sans vertus médicinales furent également utilisées !
Êtes-vous prêt aujourd’hui à réduire chaque traitement médical que vous devez recevoir en un jeu de roulette russe ? Etes vous prêt à prendre le risque que le traitement que vous entreprenez ne guérisse pas votre maladie, puisse être inefficace et vous faire perdre votre temps ou, pire encore, puisse être toxique et entraîner votre mort ?
Nous serions prêts à respecter ceux qui pensent que la vie d’un animal a une valeur égale à celle d’un être humain seulement si ces personnes rejetaient tout traitement médical moderne. Malheureusement très peu de gens le feraient, si ce n’est personne. Nous sommes persuadés que  »Pipol » ne le ferait pas.
Ceux qui s’opposent à l’utilisation des animaux en recherche fondamentale devraient se cramponner à leurs « valeurs » et refuser toute forme de traitement mis au point grâce à la recherche impliquant des animaux. Comme la totalité des médicaments développés en laboratoire se fait à partir de l’expérimentation animale, cela voudrait dire que ceux qui s’y opposent devraient vivre une vie sans prise d’analgésiques, d’antibiotiques, de vaccins, de médicaments traitant les maladies telles que le diabète, l’hypertension artérielle, la bronchite, les allergies et ainsi de suite. Ces personnes devraient également s’opposer à toute chirurgie médicale ou tout traitement de pointe pour maladies graves. Est-ce la vie que vous voulez mener ? Est-ce le choix de vie que vous souhaitez imposer à vos enfants, ramenant par la même occasion des niveaux extrêmement élevés de mortalité infantile ?
L’expérimentation animale débute avec le développement du médicament par le fabricant qui doit prouver son efficacité, expérimenter ses effets secondaires négatifs et établir le dosage du produit. En d’autres mots, le fabricant est dans l’obligation légale d’utiliser des modèles animaux (y compris les singes quand cela s’avère nécessaire, au stade avancé de la recherche).
 »Pipol » dit aussi que les éleveurs de singes devraient utiliser le singe sauvage mauricien pour leur promotion de l’écotourisme. Ceci démontre son ignorance du système écologique mauricien. Depuis longtemps déjà, les singes des forêts mauriciennes sont reconnus par les autorités gouvernementales et aussi bien par des ONG locales qu’internationales, pour être une espèce menaçante, responsable du déclin et de la disparition d’une grande partie de la flore et de la faune indigène de Maurice.
Quant aux activités d’écotourisme des éleveurs de singes… oui, nous sommes en effet impliqués dans des activités de cette nature mais nous travaillons bien au-delà des activités d’écotourisme et nous apportons notre pierre à la conservation de façon importante et concrète. Le groupe Bioculture a déjà planté plus de 400,000 arbres indigènes dans des endroits spécifiques à Maurice et à Rodrigues.
 Nous sommes les pionniers de l’élevage à grande échelle de tortues géantes en vue des projets de conservation et de repeuplement en milieu naturel. Nous avons réintroduit des tortues à Rodrigues et travaillons actuellement sur un ambitieux projet de réintroduire des tortues géantes à Madagascar d’où elles ont complètement disparu il y a de cela 1500 ans. Ceci n’est qu’une partie de la campagne importante que nous menons pour sauver la forêt fortement menacée de Madagascar. 30,000 hectares de forêts indigènes malgaches contenant une riche diversité de lémuriens ont été cédés à bail au groupe Bioculture. Nous travaillons activement à la protection de ces forêts avec l’aide d’un réseau de gardes forestiers que nous employons localement. En échange de leur soutien pour la protection des forêts, nous offrons à la population locale une gamme de services ainsi qu’une formation agricole.
Quant à « voir flou quand il y a de l’argent à gagner » sachez que nous donnons des millions de roupies chaque année dans un souci de contribuer notre part pour la sauvegarde de notre planète…
Que fait  »Pipol » pour aider à sauver notre planète ?
Pour ce qui est de la question de boycott de Maurice de la part des touristes, nous aimerions poser la même question en sens inverse : Est-ce que les Mauriciens boycottent la Grande Bretagne, la France, l’Italie, l’Allemagne, les Pays Bas, la Russie, les États-Unis, le Canada, le Mexique et Singapour parce que, collectivement, ces pays utilisent chaque année plus de 50,000 singes pour la recherche biomédicale ? Qui boycotte la Chine, le Vietnam, le Cambodge, l’Indonésie, les Philippines, la Barbade et St Kitts parce que ces pays font l’élevage de singes pour la recherche ? Nous sommes prêts à parier que personne ne le fait.
Récemment la question suivante a été posée à la responsable d’un des grands groupes de défense des droits des animaux aux États-Unis : « Si à partir de l’expérimentation sur les singes, on arrivait à mettre au point une cure définitive pour le SIDA, seriez-vous malgré tout contre l’expérimentation animale ? ». Etonnamment, elle a répondu « oui ».
Nous posons la même question mais dans un contexte plus local. Le paludisme tue 750,000 enfants chaque année, essentiellement en Afrique et en Asie. Un vaccin est activement recherché, faisant usage de singes, pour éradiquer cette maladie. Notre question est la suivante : « Si à partir de l’expérimentation sur les singes, on arrivait à mettre au point un vaccin qui sauverait la vie de 750,000 enfants africains et asiatiques annuellement, seriez-vous toujours contre l’expérimentation animale ? »