Loin des applaudissements et des paillettes, Scope a voulu partager quelques heures du quotidien de la troupe du Cirque de Samoa. Jeudi dernier, comme à l’accoutumée, le réveil était très matinal. Entre les nombreuses tâches qui leur sont confiées et les longues séances d’entraînement pour se maintenir en forme, la réalité derrière l’univers du cirque n’est pas toujours féerique et spectaculaire pour la trentaine d’artistes. Quand le rideau se referme sur la piste, la vie sous le chapiteau ne s’arrête presque jamais…
Le seul moment accordé pour le repos du guerrier est prévu après le déjeuner. À notre arrivée vers 9h30, les dortoirs situés sous une tente juste à l’arrière du grand chapiteau sont déserts. Seul Sultan Kösen s’est octroyé une grasse matinée. Le “grand veinard” se prélasse dans le coin repas et apprécie tranquillement son petit-déjeuner. Les autres artistes de la troupe de Samoa sont déjà bien réveillés et en sueur.
Un lien particulier unit la troupe. Les paillettes, l’émerveillement et l’intérêt du public permettent aux artistes d’avancer jour après jour. Ils impressionnent tous ceux qui les rencontrent. Shaheen Mohamed nous confie qu’il est impossible “de ne pas être ébahie devant leur force de caractère. Ils sont jeunes et pourtant si débrouillards. Ils ne reculent devant rien et n’ont pas peur de se retrouver en pays étranger.” Sous la houlette de Bruno Loyale, cette sacrée mosaïque regroupe plusieurs nations : Argentine, Allemagne, Népal, Éthiopie, Amérique et Samoa.
Notre guide attitrée est l’Américaine Diane Falk, connue comme la sword swalower. Elle a accepté de ranger ses sabres et autres lames tranchantes pour aborder le quotidien d’un artiste du cirque. Nous nous dirigeons vers le majestueux chapiteau où se déroule chaque soir le spectacle du Magic Circus of Samoa. Les magiciens et les clowns ne font pas partie du décor. D’autres activités ont pris possession du lieu. Une très forte chaleur se fait sentir, rendant l’atmosphère pesante. Peu importe, la séance d’entraînements a été maintenue.
Aucun signe d’inconfort ou de gêne n’est visible sur les visages des artistes. C’est plutôt l’effort qui marque leur expression. Il n’est pas question de s’apitoyer sur les aléas de la température et ses inconvénients : “Nous sommes des professionnels. On s’adapte et on s’acclimate à toutes les situations, même les plus difficiles. Cela fait partie de notre métier. Les seules fois où nous sommes loin de la piste, c’est quand nous sommes blessés ou malades. On ne s’arrête jamais.”