Direction le Sud, où grâce à des habitants de plusieurs endroits de la région, nous avons pu faire un constat des lieux. Dans cette partie de l’île où il fait bon vivre, ils sont nombreux à dire qu’ils se sentiraient encore mieux s’ils pouvaient bénéficier du même traitement que les habitants des villes. Car les lacunes au niveau des services et des infrastructures persistent.
“Avan gagn enn bis la… Fouf, kapav atann lontan ankor. Pa fasil. Ou pini lor bis-stop.” Sacs de provisions à la main, traits fatigués, Deven, 63 ans, et son épouse, Amrita, poireautent à un arrêt d’autobus de Chemin Grenier depuis plus de 45 minutes. Le couple a choisi ce jour pour se soumettre à l’enregistrement en vue de la Biometric Identity Card et en a profité pour faire un saut au supermarché.
C’est ainsi qu’ils procèdent à chaque fois qu’ils quittent la maison pour se rendre quelque part. Deven et son épouse s’assurent de ne pas avoir à sortir plusieurs fois et subir des attentes infernales aux arrêts d’autobus. “C’est insupportable et fatigant d’attendre le bus pendant des heures. Avant même d’arriver à destination, nous sommes déjà épuisés. À notre retour à la maison, nous n’avons plus le courage et la force de faire quoi que ce soit”, confie Amrita.