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La proposition du gouvernement, dans le cadre d’une réforme électorale, d’aligner un tiers de femmes parmi les candidats aux législatives, est considérée comme une avancée par certains. Mais est-ce une évolution dans la bonne direction ? Lindsey Collen, de Lalit, fait voir que le parti n’est pas tant en faveur du quota que d’une parité entre hommes et femmes. Pour elle, « une dynamique positive dépend davantage d’un programme de libération de la femme ».

Libération d’un système où dominent les hommes. « Il faut briser cette hiérarchie dans ce système patriarcal et apporter l’égalité entre hommes et femmes ». Pour sa part, Dulari Jugnarain, ex-candidate à des partielles au n° 6,7 et 8 et qui s’est toujours battue pour l’égalité des femmes, estime insuffisant un tiers de femmes aux élections générales au vu de la population féminine dans le pays. Selon elle, « le jour où les femmes seront plus nombreuses, elles ne seront plus des instruments entre les mains des partis politiques ».

Elle se dit consciente aussi qu’à Maurice, seules les capacités de la femme ne comptent pas. « Voir en un candidat quelqu’un qui pourra travailler pour la société, c’est vraiment le dernier des critères » et cela, ajoute-t-elle, n’est pas près de changer.

La Professeur Sheila Bunwaree, tout en reconnaissant qu’ « avoir plus de femmes dans toutes les sphères de la gouvernance est absolument essentiel », fait voir que c’est davantage un « Politics of Transformation » qu’un « simple ‘Politics of Representation’ qui est nécessaire ». Selon elle, « aussi longtemps qu’il y aura des barrières pour empêcher les universitaires et les fonctionnaires de faire de la politique, l’espace politique restera bloqué ».