Crystals Beach Resort & Spa, établissement hôtelier situé à Palmar, a mis à la porte une cinquantaine d’employés. Lors d’une réunion il y a quelques jours, la direction de l’hôtel avait informé les employés de son intention de licencier une cinquantaine de personnes. Vendredi, ces derniers ont été informés que leurs services n’étaient plus requis. Bien que la situation financière difficile de l’établissement soit évoquée, les employés avancent que « seuls ceux ayant émis le voeu d’être syndiqués sont victimes de cet exercice ». Le ministère du Travail a initié une enquête.
« Nous avons suivi toutes les procédures. Le ministère est au courant de notre situation. Le taux d’occupation de l’hôtel est au plus bas, c’est pour cela que nous nous devons de réduire notre personnel », explique Pradip Kumar Pursun, Administrator and Director of Human Ressources à Crystals Beach Resort & Spa. Ce dernier soutient d’ailleurs avoir informé le ministère que le « Labour force » de l’hôtel sera réduit de 20%. « Nous avons 249 employés et, à ce jour, 18% des employés ont été mis à la porte. Ce n’est pas un cas de “Pick and Choose”. C’est la situation socio-économique qui a conduit à cette situation », soutient M. Pursun. Au ministère du  Travail, des Relations industrielles et de l’Emploi, nous avons été en mesure d’obtenir une confirmation des mesures prévues par l’établissement de Palmar dans une lettre datant du 7 avril. La direction a signalé être disposée à payer les salaires de base ainsi que les préavis.
Mais, du côté des licenciés, c’est un autre son de cloche. « Tout porte à croire que seuls les employés qui ont exprimé le souhait d’être syndiqués ont été licenciés », ont soutenu les employés de Crystals Beach Resort & Spa, lors d’un point de presse tenu ce matin. Une raison démentie par la direction de l’hôtel. Le ministère de tutelle encourage ces derniers à prouver leurs dires.
Les ex-employés mettent d’ailleurs en avant le « non-respect des procédures » dans cet exercice de licenciement. « Lor 50 dimounn kinn met deor, zis kinz ki finn gagn let. Le res, zot finn aprann sa swa verbalman, swa lor laport letan zot pe repran travay », a expliqué Sreeneebas Kapil, ex-Executive Assistant Manager en charge de Food and Beverage.  M. Kapil a été rejoint dans ses propos par Rishi Rajcoomar, Executive Housekeeper. Ce dernier martèle : « La direction est la seule responsable de la baisse d’occupation de l’hôtel. Pourquoi devons-nous payer pour une telle situation ? C’est aux membres de la direction d’être renvoyés et non les travailleurs au bas de l’échelle… » Du côté de la direction de Crystals Beach Resort & Spa, on soutient que le taux d’occupation de l’hôtel est actuellement de 16%. « Cette situation s’empirera. C’est pour ça que l’hôtel a pris toutes les dispositions nécessaires pour informer les employés sur leur situation », dit le directeur de l’hôtel. Les ex-employés de l’hôtel de Palmar, soutenus par la Fédération des Travailleurs Unis (FTU), réclament le soutien du ministère du Travail. « Nous avons fait parvenir plusieurs correspondances au ministère à ce sujet. Nous souhaitons avoir son appui, car la reconnaissance syndicale est un droit citoyen », soutient Lindley Bergue, également président de l’Organisation of Hotel, Private Club & Catering Workers Unity et secrétaire de la FTU.
Une enquête a été initiée par le ministère du Travail à ce sujet. « Les travailleurs peuvent toujours contester leur licenciement. Ils peuvent également s’inscrire au Workfare Program et bénéficier d’une allocation salariale de 90% pour les trois premiers mois, de 60% et de 30% sur les trois et six mois restant respectivement », explique-t-on du côté du ministère.
Le syndicat a logé une affaire devant l’Employment Relations Tribunal (ERT) en vue d’obtenir sa reconnaissance syndicale. L’affaire sera entendue demain.