Maurice est le 40e pays à entrer dans le réseau continental Arterial. La naissance du “chapitre” mauricien d’Arterial Network (AN) a eu lieu vendredi dernier en présence d’environ 110 acteurs du milieu artistique local. Ses premiers pas seront guidés par la plasticienne Nirveda Alleck et le producteur Percy Yip Tong qui ont été élus par cette assistance et qui oeuvreront avec l’appui des membres du comité nombreux ce jour-là à se porter volontaires. Maggie Otieno, artiste et intellectuelle kenyane reconnue et représentante régionale d’Arterial, a présidé cette première assemblée générale tenue à l’IFM.
Le réseau Arterial présente l’originalité de fédérer toutes les disciplines artistiques, ce qu’il est le premier à faire par rapport aux réseaux artistiques africains existant, le plus souvent spécialisés par filières. Développer la musique, la danse, le théâtre, la littérature, l’artisanat, le design, les arts visuels et le cinéma dans chacun des pays adhérents est la vocation de ce réseau qui entend faciliter l’expression, l’accessibilité et les compétences des milieux créatifs avant toute autre chose. Sa force réside dans ses membres tous impliqués dans le secteur de la création.
Arterial rassemble l’adhésion de tout acteur culturel, qu’il s’agisse d’ONG, d’entreprises ou d’individus, mais pas celle des gouvernements et de leurs éventuels ministères. Ce réseau se présente comme un représentant de la société civile, mais les gouvernants sont cependant les bienvenus dans les activités du réseau et sont considérés comme des interlocuteurs privilégiés auprès desquels des actions de concertation, voire des pressions, pourront être exercées.
Un volet fondamental des statuts et de la vocation d’Arterial concerne les droits humains et la liberté d’expression. Suite à une question de l’assistance, Maggie Otieno a montré que ce réseau fait entendre sa voix quand un de ses membres est atteint dans ses droits ou lorsque la parole, voire la vie d’un artiste, sont bafouées. Elle a cité plusieurs exemples d’actions entreprises comme le cas d’un artiste emprisonné sous le régime Mugabe suite à un travail critique qu’il avait fait : une campagne de contestation du projet de démolition d’un muséum national en Ouganda ou encore très récemment une toile représentant Jacob Zuma qui a été maquillée par des fans du président sud-africain qui ne supportaient pas qu’un artiste ait le courageux humour de souligner un de ses embarrassants penchants personnels. Maggie Otieno a au passage évoqué la chanson censurée de Susheela Rahman comme relevant parfaitement des combats qu’Arterial mène.
À la question de savoir comment éviter que le réseau ne soit noyauté par des sympathisants des gouvernements, la représentante régionale répond en deux mots-clés : formation et démocratie. Des formations sont en effet dispensées auprès des artistes et représentants de l’organisation pour apprendre à faire du lobbying et inviter les institutions à mettre en place des politiques culturelles viables. Aussi insiste-t-elle sur le nombre d’adhérents qui fait la force du réseau, actuellement environ 7 000…