Pendant au moins trois heures, hier, l’ancien imam de la Prison Centrale de Beau-Bassin Moosa Beeharry a été entendu par l’escouade de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) de Plaine-Verte au sujet de sa complicité au réseau de Gros Dereck. Des recoupements d’informations auprès des sources concordantes avancent que ce suspect, jusqu’il y a 15 jour un homme religieux au-dessus de tout soupçon, est encore au stade préliminaire de son interrogatoire. À ce stade, il serait encore en quête d’une « Full Immunity in Writing » contre des révélations sur le fonctionnement du réseau avec pour cerveaux allégués deux trafiquants en prison et pour patron présumé à l’extérieur, Rudolf Dereck Jean-Jacques, alias Gros Dereck.
Me Shaukat Oozeer, Leading Counsel pour l’imam Beeharry, tout en confirmant l’interrogatoire de son client, hier après-midi, dans les locaux de l’ADSU de Plaine-Verte, s’est refusé à tout commentaire sur le « Bargaining » en cours en vue d’assurer l’immunité à son client contre son témoignage. « Excusez-moi, je ne peux rien vous dire à ce stade », a déclaré l’homme de loi au Mauricien au tout début de l’appel téléphonique portant sur l’exercice d’hier.
Dans les milieux autorisés de l’ADSU, et sur la base d’Intelligence au niveau de la Prison de Beau-Bassin, l’imam Beeharry est perçu comme une « courroie de transmission » de premier plan entre les trafiquants de drogue purgeant de longues peines de prison et le réseau de trafic de drogue encore opérationnel jusqu’à tout récemment. Même si dans ses premiers aveux, cet homme religieux, qui a servi pendant 25 ans à la prison sans être nullement inquiété, confirme ses contacts triangulaires, soit avec les trafiquants Alain Emilien et l’Ougandais James Mukasa Kanamwanje à l’intérieur de la prison, avec Gros Dereck par le truchement d’Ashish Dayal à l’extérieur de la prison et avec les déplacements à l’étranger pour le transfert de fonds, l’ADSU suppute qu’il n’a pas été « au service de cet unique réseau de trafiquants ».
Lors des prochaines séances d’interrogatoire, les hommes de l’inspecteur Assaad Rujub, sous la supervision du Deputy Commissioner of Police Vinod Appadoo, tenteront d’établir que l’imam Beeharry aurait pu être un pion majeur dans le réseau contrôlé par le trafiquant notoire en prison dénommé Ner. Les limiers de l’ADSU passent actuellement au peigne fin les multiples déplacements de cet homme religieux à l’étranger, plus particulièrement les plus récents effectués en Afrique du Sud.
L’objectif de l’ADSU est d’établir de manière formelle qu’à un certain moment, l’imam Beeharry avec un tel carnet d’adresses de fournisseurs d’héroïne à l’étranger n’aurait pas décidé de contourner les intermédiaires pour assurer l’alimentation du marché favorisant d’autres réseaux aux termes de ce Let Live Mutual Agreement entre trafiquants.
À la mi-journée, aucune indication officielle n’était disponible quant au calendrier de travail de l’ADSU de Plaine-Verte, notamment par rapport à la reprise de l’interrogatoire de l’imam Beeharry sur son rôle à la prison, ou encore de Hayeshan Madarbacus, alias Long Laskar, sur ses contacts pour la livraison d’héroïne alléguée à Jimmy Marthe, aussi connu sous le nom de Jimmy Colosso ou de Jimmy Alexis, dit Rodriguais, au mois de juin dernier.