Quatre semaines après son arrestation en possession de sept kilos d’héroïne d’une valeur marchande de Rs 105 millions, le chauffeur de taxi marron Ashish Dayal joue son va-tout ces jours-ci avec ses révélations sur le fonctionnement du réseau Gros Dereck. Lors de son interrogatoire du jour par l’ADSU de Plaine-Verte, menée par l’inspecteur Rajub, ce suspect est appelé à dénoncer les derniers détails sur les network operations du Parrain de l’Ouest, dont l’identification des principaux lieutenants à travers l’île. En marge de cet exercice, l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) compte se saisir des aspects relevant des délits sous la Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Act avec des blanchiments de recettes de la drogue sous forme d’investissements dans des maisons de jeu et des discothèques.
Les recoupements d’informations effectués auprès des sources concordantes indiquent que le « credibility test » dans lequel s’est engagé Ashish Dayal avec ses révélations sur le réseau Gros Dereck n’attend qu’une dernière confirmation, en l’occurrence l’identité des « gros dealers » approvisionnant les revendeurs de drogue. À ce stade, il a déjà donné des indications au sujet de Madame N., une des pièces maîtresses dans le réseau de distribution, d’un membre de la force policière dont les antécédents dont déjà connus ou encore un d’un employé dans le domaine des médias qui utiliserait même les véhicules de son employeur pour faciliter sa tâche.
Jusqu’ici, les informations fournies par Ashish Dayal ont permis à l’ADSU de démanteler l’un des plus importants réseaux de drogue opérant dans le pays mais également de procéder à la saisie de cinq kilos d’héroïne enfouis dans la forêt Daruty à Forbach dans le Nord. « L’un des aspects les plus importants de la collaboration d’Ashish Dayal a été cette inside view du fonctionnement de ce réseau de drogue, que ce soit de la réception de la drogue à la distribution sur le marché. Nous avons obtenu la confirmation de cette sophistication dans les méthodes adoptées où l’usage du téléphone cellulaire est extrêmement contrôlé pour éviter de laisser des traces », souligne-t-on aux Casernes centrales.
Ces dernières confessions du chauffeur de taxi d’avenue Ollier, Quatre-Bornes, devraient déboucher sur une nouvelle série d’arrestations, au moins une douzaine dans les jours à venir, alors que le dénommé Gros Dereck sera confronté formellement aux allégations et accusations portées contre lui au cours de la semaine prochaine.
Entre-temps, des consultations ont été initiées entre les hommes de loi, Mes Hervé Lassémillante et Samad Goolamaully, dont les services ont été retenus par le suspect Dayal, les responsables de l’ADSU et les représentants du DPP’s Office quant à une éventuelle immunité à être accordée au suspect. Très peu de détails ont transpiré quant au traitement qui pourra être accordé même si du côté de l’ADSU, l’on concède que les informations communiquées par le chauffeur de taxi valent leur pesant d’or dans la conjoncture.
Un nouveau développement devra intervenir dans les jours à venir avec un « involvement » des limiers de l’ICAC pour le volet de blanchiment de fonds par ce réseau de trafiquants de drogue. L’ICAC est engagée depuis quelque temps dans une opération d’Intelligence gathering sur d’importants mouvements de fonds impliquant des membres du réseau de Gros Dereck. Des placements conséquents auraient été effectués dans des maisons de jeu et dans des discothèques à partir des « tainted monies » alléguées suite à des opérations de surveillance. Des échanges entre l’ICAC et l’ADSU ont été engagés en vue de déterminer la meilleure formule de collaboration dans ce volet de l’enquête en cours.