En cette fin de semaine, les limiers de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) s’apprêtent à porter un autre coup au trafic d’héroïne entre des pays de l’Afrique de l’Est en transitant par Madagascar et au réseau de l’Ouest avec pour principal parrain allégué Rudolf Dereck Jean-Jacques, alias Gros Dereck. D’abord, le chauffeur de taxi repenti Ashish Dayal, qui comparu en Cour de Mapou hier matin, a fait de nouvelles révélations susceptibles de déboucher sur de nouveaux développements majeurs au niveau du démantèlement du réseau dans les jours à venir. De son côté, le steward du Mauritius Trochetia Hayeshan Madarbacus, aussi connu sous le nom de Long Laskar, habitant Bel-Air/Rivière-Sèche, devra porter le coup de grâce à Gros Dereck, le mécanicien qui ne porte aucune trace de cambouis, avec sa déposition en présence de son homme de loi, Me Rama Valayden, prévue pour toute la journée de demain dans les locaux de l’ADSU de Plaine-Verte.
Ashish Dayal, qui a retenu les services de Mes Hervé Lassémillante et Samad Goolamaully, ne finit pas de surprendre les hommes de l’inspecteur Assaad Rujub avec ses révélations au sujet du fonctionnement et du mécanisme mis en place par le réseau de Gros Derek pour l’importation de la drogue. Une semaine après avoir collaboré avec l’ADSU pour démasquer le Linkman sur le Mauritius Trochetia, il a ouvert un nouveau chapitre de l’enquête en amorçant le volet consacré aux mouvements de fonds, notamment en devises étrangères hors des frontières de Maurice.
Dans les milieux officiels de l’ADSU, l’on évite de confirmer ou d’infirmer des informations quand aux récents détails fournis par le suspect Ashish Dayal. Néanmoins, depuis hier soir, l’escouade de l’ADSU de Plaine-Verte met au point une stratégie avant de passer à l’action sur le terrain. À ce stade de l’enquête, il devient de plus en plus évident que Madagascar ne constitue qu’un point de transit entre des pays d’Afrique de l’Est et Maurice.
Les dernières informations révélées par le chauffeur de taxi passent actuellement à l’épreuve de l’Intelligence Cell de l’ADSU en vue de l’opération coup de massue en préparatif depuis hier après-midi. À la mi-journée, aucune indication n’était disponible quant à la marche à suivre compte tenu des informations délicates portant sur des mouvements de fonds, notamment en dollars américains, euros et rands sud-africains, négociés par Gros Dereck.
Une autre étape cruciale sera franchie dans le cadre de cette enquête, qui entame sa huitième semaine. Des dispositions ont été arrêtées en vue de permettre aux membres de l’ADSU d’enregistrer formellement les aveux de Hayeshan Madarbacus. Cet exercice devra se dérouler en principe demain à Plaine-Verte. Me Valayden a donné son feu vert à cet effet.
Depuis la première séance d’interrogatoire, samedi dernier, dont les détails ont été enregistrés sur vidéo dans les locaux de la Major Crime Investigation Team (MCIT), Hayeshan Madarbacus n’a pas été entendu formellement même s’il a participé à deux reconstitutions des faits sur le Mauritius Trochetia et au complexe commercial de Centre-de-Flacq.
L’exercice de demain s’avère déterminant pour l’ADSU à au moins deux niveaux, soit mettre hors circuit le point de transit de la drogue à Madagascar avec les autorités de ce pays et ensuite avoir une idée plus précise de la quantité d’héroïne entrant à Maurice de manière régulière par le truchement du Mauritius Trochetia. Les indications préliminaires sont que Long Laskar conteste le quantum qui a été avancé jusqu’ici en affirmant que « mo amène boukou pli ki sa ».
L’interrogatoire de demain devra permettre à ce suspect d’apporter des précisions sur la quantité de drogue transportée lors de chaque voyage et le nombre de voyages entrepris. L’ADSU soupçonne qu’une partie de la cargaison de drogue balancée par-dessus bord du bateau aurait pu être détournée pour alimenter des réseaux de trafic parallèle à celui de Gros Dereck. En tout cas, une partie de la réponse devra être obtenue lors de la séance de Questioning de demain du membre d’équipage de la Mauritius Shipping Corporation…