Jérôme Zonder, artiste né en 1974 à Paris, arrivera-t-il à faire tout ce qu’il veut pendant sa résidence artistique à Maurice et une exposition importante à l’Institut de Maurice à partir du 27 janvier 2016 ? Nul doute qu’il surmontera l’angoisse qui précède cette rencontre avec le public mauricien. Comment présenter Zonder, si ce n’est par la volonté d’habiter un vaste univers graphique. Zonder se signale par le trait noir adopté, ses dessins remplis, son souci du moindre détail, un style très varié. Ses motifs : le drame, le morbide, le comique, le grotesque. La petite et la grande histoire se rejoignent dans ses dessins. On ne saurait trouver meilleure définition de son art graphique que la suivante : “La pratique du dessin est une machine graphique qui avance, comme un corps vivant, réfléchissant, un dessin questionnant l’autre, produisant l’autre… “ Certains travaux relèvent d’un dessin microscopique autour d’organes, de corps, de viscères… Certaines histoires mettent en scène l’enfance, des drames. Il faut entrer dans les dessins pour savoir qui sont les martyrs ou les bourreaux. Outre le dessin, Jérôme Zonder installe, sculpte. Son parcours, intitulé “Fatum” (mot latin signifiant le destin des hommes), est une belle illustration de ses installations : les murs où sont accrochées les oeuvres et le sol sont entièrement dessinés, et le cheminement labyrinthique dramatise le propos.
Zonder est connu pour son parcours aux allures de train fantôme installé à La Maison rouge, à Paris. Une autre parcours peut être comparé à un décor de théâtre pour enfants. Zonder n’hésite pas à donner un coup de zoom sur le monde. On remarquera que son univers est violent — véritable reflet teinté de pessimisme de notre société. L’actualité est représentée dans les scènes de guerre, les massacres, mais aussi la violence sociale et les inégalités qui ne cessent d’augmenter dans nos sociétés. Son esthétique au trait noir est pour montrer des images qui dérangent. Jérôme Zonder dessine cette violence à travers des scènes où les enfants sont au centre de l’horreur. La technique relève du collage, du décalage, du « non-sens », de l’humour noir. Zonder passe du surréalisme à un style qu’on pourrait qualifier d’hyperréaliste. Il dessine d’après des photographies, utilise des matières organiques pour souligner les images.
L’exposition aura lieu à partir du mercredi 27 janvier au samedi 13 février 2016 à la Galerie de l’IFM, Rose-Hill
Horaires d’exposition du lundi au samedi de 10 h à 16 h.