La maison de leur rêve qu’ils croyaient avoir achetée pour vivre paisiblement à Maurice, non loin de la plage de Roches Noires, a tourné au cauchemar. Depuis quelques mois, les choses s’aggravent. Toitures qui fuient, baies vitrées qui ne ferment pas, plafonds qui s’effondrent, fissures dans les murs, carrelage qui se décolle, piscines verdâtres… À peine un an après s’être installés dans leur domicile, acquis en moyenne entre Rs 25M et Rs 50M, les propriétaires des appartements de luxe d’Azuri déchantent.
Ouvert en décembre 2013, Azuri est un village maritime situé à Rivière-du-Rempart, sur la côte est de Maurice. Vendus pour la sérénité des lieux, selon les copropriétaires. Projet du groupe GML, sous l’égide de la société Blue Life Ltd, il comprend plusieurs phases de développement, dont les résidences haut de gamme intégrées à des espaces urbains harmonieux conférant une qualité de vie à ses résidents alliant confort, esthétique et modernité.
Or, selon un groupe de propriétaires, le charme des lieux qui les avait conquis a longtemps été rompu. “Dès que nous avons pris possession de nos résidences, nous avons été déçus. Nous n’avons pas eu le mobilier de cuisine que nous souhaitions, par exemple. Aujourd’hui, tous les propriétaires ont des problèmes”, expliquent-ils.
Alors que certains n’arrivent pas à fermer les sept baies vitrées entourant leur appartement, d’autres regardent impuissants s’effondrer leur plafond. La liste des problèmes infrastructurels et techniques dont font face les propriétaires de ces résidences à Azuri, incluant les zones Nautil, Opaline, La Baie et Coralis, est longue. Entre les prises électriques inexistantes dans certaines pièces de la maison et les toitures qui fuient, sans compter le carrelage qui se soulève et les piscines non traitées, si bien que l’eau est verdâtre et attire les crapauds, les propriétaires de ces appartements de luxe, en l’occurrence à Coralis, ne savent plus quoi faire.
Qui plus est, depuis quelque temps, ces résidences sont également louées à court terme à des personnes qui ne respecteraient pas le code de bonne conduite, selon les propriétaires. “Nous avons eu des week-ends avec des fêtards qui mettent de la musique à fond, qui roulent à moto jusqu’à fort tard dans les allées et qui, sous l’influence de l’alcool, profèrent des jurons et se bagarrent entre eux”, racontent les résidents de Coralis.
Inquiétude
Il existerait également un gros problème de sécurité, disent-ils, déplorant des attaques de chiens sauvages dans le village, avec pour conséquence qu’un des propriétaires s’est retrouvé à l’hôpital après une morsure sévère. De nombreuses promesses faites par le promoteur à la vente n’ont pas été respectées, ajoutent-ils, citant la non livraison des générateurs de secours pour les résidences. “À deux reprises, des personnes sont restées coincées dans les cabines d’ascenseurs”, déplorent-ils.
 Inquiets, ces propriétaires disent ne pas savoir vers qui se tourner. Cela du fait qu’en raison d’un conflit d’intérêts soulevé, les propriétaires de ces résidences, ont préféré se séparer du syndic d’Azuri — imposé depuis décembre 2013 — et qui n’est autre que la société Ocean Edge Ltd, qui fait partie du portfolio de Blue Life Ltd, le promoteur. En effet, lors des dernières assemblées générales qui se sont déroulées fin mars 2016, les syndicats de propriétaires de ces résidences IRS ont tous refusé de renouveler le contrat avec le syndic en raison du nombre croissant de problèmes rencontrés.
“Comment peut-on confier l’entretien de nos domiciles à une société proposée par le maître d’oeuvre Blue Life qui est lui-même gestionnaire d’Ocean Edge ? Le syndic est là pour défendre les intérêts des copropriétaires et non ceux du maître d’oeuvre. Il est évident que le problème de conflit d’intérêts se pose”, disent les propriétaires, déçus. Ils ajoutent avoir également constaté que les devis proposés par Ocean Edge dans le cadre de l’entretien des résidences depuis 2014 étaient surfacturés, selon eux, jusqu’à 40%.
Souhaitant emboîter le pas aux propriétaires des résidences Nautil qui, après avoir renvoyé le syndic a voté à l’unanimité pour un autre, soit désormais la société Iliad, les propriétaires des appartements de Coralis ne sont pas parvenus à un accord sur le choix entre les deux syndics proposés:  les sociétés Iliad et Sygeco. Dans cette optique, n’ayant plus de syndic depuis le 30 mars dernier, ces propriétaires ont fait appel à un cabinet d’avocats qui a déposé une demande de “mise sous tutelle” auprès d’un juge en chambre.
À ce stade, l’administrateur nommé par le juge en chambre n’est autre que la société Ocean Edge, qui avait également déposé un contre-affidavit. Ce syndic a un délai de trois mois pour organiser une nouvelle assemblée générale visant à nommer un nouveau syndic choisi par les propriétaires. Ce qu’ont, toutefois, contesté les résidents de Coralis, estimant qu’Ocean Edge n’a pas de droit moral d’être l’administrateur. Surtout qu’entre-temps, rien n’est fait pour améliorer la situation à Azuri où, de jour en jour, selon les propriétaires, les résidences perdent de leur valeur “en raison du manque d’entretien et également des voisins peu désirables qui séjournent dans les appartements sur le compte de l’hôtel Radisson Blu Azuri Resort & Spa”. Le juge en chambre devrait émettre son avis dans les jours à venir.
Affaire à suivre