Les employés de Resiglas Co Ltd – regroupés au sein de la Chemical, Manufacturing & Connected Trades Employees Union (ex-Chemical, Manufacturing & Allied  Industries Employees Union) – menacent d’avoir recours à un arrêt de travail à partir de la fin mars. Ils accusent la direction de leur entreprise d’ignorer, depuis une dizaine d’années, un rapport de l’Occupational Health Unit du ministère du Travail qui recommandait l’institution d’une surveillance médicale pour les employés exposés à des produits cancérigènes.
« C’est scandaleux que la direction d’une entreprise puisse ainsi ignorer une recommandation de l’Occupational Health Unit du ministère du Travail, mettant ainsi en danger la vie de ses employés ! » s’est indigné Reeaz Chuttoo, président de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP), regroupement syndical dont la Chemical, Manufacturing & Connected Trades Employees Union (CMCTE) est affiliée. Il animait ce midi une conférence de presse au centre social Marie Reine de la Paix, à Port-Louis, en présence de certains employés de Resiglas Co Ltd, une entreprise engagée la production de produits en fibre de verre, à l’instar de piscines ou d’équipements de jardin.
Reeaz Chuttoo a fait circuler la copie d’un rapport de l’Occupational Health Unit du ministère du Travail datant de janvier 2005 et qui recommandait, entre autres, l’institution d’une surveillance médicale pour les employés exposés à des produits cancérigènes. « Most of the materials used are hazardous. Styren is mutagenic and ototoxic, Fiberglass is an Upper Respiratory Tract Irritant and a Class II B Carcinogen (as possible carcinogen to humans) », peut-on lire dans le rapport.
Selon des employés présents à cette conférence de presse, certains de leurs collègues souffrent de « trous de mémoire » et éprouveraient des « essoufflements à l’effort ». Le président de la CTSP insiste : « Il est écrit noir sur blanc sur “Material Safety Date Sheet”, les boîtes des produits utilisés, qu’une surexposition à celles-ci peut avoir des conséquences graves pour la santé ! » Et de déplorer que « tous nos efforts pour amener la direction de Resiglas Co Ltd à respecter cette recommandation du ministère du Travail pour la santé et la sécurité de ses employés sont restés vains ».
« Menacer ainsi la vie des gens est trop grave pour que nous restions les bras croisés. Nous avons décidé, lors d’une récente Assemblée générale, de donner jusqu’à la fin mars pour que la direction institue cette surveillance médicale. Faute de quoi nous allons effectuer un arrêt du travail pour alerter les autorités gouvernementales ainsi que l’opinion publique ! », poursuit le syndicaliste.
Autre litige avec la direction de Resiglas Co Ltd : la structure salariale. « Cela fait des années que la direction refuse un accord collectif pour que les salaires ne soient plus calculés à la pièce mais selon une structure mensuelle. Avec la méthode “Piece Rate”, il y a un faible salaire de base sur lequel vient se greffer une rémunération pour chaque pièce fabriquée. Ce qui fait qu’à la retraite, la base des salaires est si dérisoire que le travailleur concerné touche une pension de misère ou est obligé de réintégrer le monde du travail pour ne pas mourir de faim. La CTSP milite depuis des années contre le travail précaire, mais pour un salaire et des conditions de travail décents », termine Reeaz Chuttoo.