Le National Economic and Social Council (NESC) a présenté hier son rapport sur la gestion des ressources en eau après avoir mené une étude dans ce secteur qui aura duré plusieurs mois. Cette institution fait plusieurs propositions, dont une utilisation durable de l’eau avant de demander au gouvernement de lancer plus de nouveaux projets dans ce secteur à la recherche de boreholes additionnels et plus profonds et surtout, de construire plus de barrages et de réservoirs pour retenir l’eau.
Pour le NESC, le plus grand problème auquel fait face la Central Water Authority (CWA) actuellement est le mauvais état du réseau de distribution qui date, dans certaines régions, de plus de 100 ans. « Ce qui fait qu’on perd environ 200 millions de litres d’eau traitée quotidiennement à travers les vieux tuyaux de distribution », a fait ressortir le président du NESC, Radhakrishna Sadien. Il s’est dit inquiet d’une telle situation à un moment où l’on parle de développement durable à travers le projet Maurice Ile Durable (MID). « Le pays ne peut se permettre un tel gaspillage d’eau dont le traitement coûte très cher à la CWA », a-t-il ajouté.
Pour Radhakrishna Sadien, il faut absolument être plus efficient dans l’utilisation de l’eau. « Les Mauriciens consomment environ 165 litres d’eau quotidiennement par tête d’habitant, ce qui est très élevé par rapport aux normes européennes. Le NESC est en faveur d’une campagne rigoureuse visant à changer le modèle de consommation d’eau au niveau domestique dans le pays au lieu du rituel annuel d’une campagne pour économiser l’eau durant l’été », a-t-il fait ressortir.
Le NESC fait également ressortir que le pays dispose de suffisamment d’eau pour satisfaire la demande actuelle, excepté durant les périodes de sécheresse « mais cette eau n’atteint pas les consommateurs de manière satisfaisante. » On a parlé de la privatisation de la CWA mais le NESC n’en est pas d’accord. Il a estimé que les autorités devraient plutôt proposer une série de mesures incluant des campagnes d’économie d’eau, la révision de la structure des tarifs d’eau et, avant tout, un programme d’investissement agressive en vue de régler le problème de fuites dans le réseau de distribution de la CWA.