Je suis tombée au gré de mes lectures sur un truc étrange. Un mec disait que pour étouffer par avance toute révolte, il faut s’y prendre avec douceur et créer un conditionnement collectif. L’idéal en ce qui concerne les masses serait de formater les individus en limitant leur capacité de penser… « Bizin devir bol dal ek fou zot deor » dixit Navin.

Et l’on poursuivrait ce plan machiavélique en vidant l’éducation de sa substance pour la ramener à une sorte de formation professionnelle. L’individu ainsi formaté aurait un horizon intellectuellement limité. Plus sa pensée serait occupée à des préoccupations médiocres, moins il pensera à examiner ce que font les décideurs. « Les politiciens ne sont pas tous des arrogants, des jouisseurs et des pourris » dixit Paul.

Je me demande par moments si le savoir auquel nous avons accès ne serait pas une sorte d’œillère qui ferait de nous de dociles citoyens et de meilleurs employés. On occupera grandement les esprits avec des choses futiles et ludiques. Qui veut passer pour un con… deux fois par semaine !

Beaucoup de choses semblent conçues pour empêcher l’esprit de penser. Combien de temps passerons-nous devant un écran aujourd’hui ? Combien de temps accorderons-nous à Facebook et aux autres réseaux dits sociaux ? Et quelles en seront les conséquences dans la durée ?

L’euphorie des publicités tend à devenir le standard du bonheur. Un modèle à répliquer. Une sorte de mode de vie à suivre ou dont il faut se rapprocher le plus possible afin de s’estimer heureux. La vraie vie ne ressemble pas toujours à une publicité pour boisson gazeuse. Notre existence ne se résume pas à posséder une maison. Une voiture. Un campement. À faire un mariage. Des voyages. Des enfants. Et des dettes…

Ce conditionnement entraîne, d’autre part, la peur d’être exclu du système. Et donc de ne pas pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur que nous vend la pub. Et voilà comment produire un cheptel de moutons bien gardés. On dirait que tout ce qui permet d’endormir notre lucidité est valorisé ; ce qui menacerait de l’éveiller est ridiculisé sinon ringardisé.

Entre-temps, des zanfan lekol achètent toujours des clopes aux détaillants du coin. Un gentil monsieur ou une gentille dame qui leur vend des cigarettes au détail. Plus cher l’unité évidemment ! Paraître « plus grand » que son âge est un complexe connu chez nos amis les ados. Faudrait peut-être mieux orienter nos boutonneux à peau grasse car une connerie est vite arrivée… La sexualité est d’ailleurs toujours un problème.

Depuis la nuit des temps, le jeune est à la recherche d’une identité. Un peu à l’image de notre jeune pays. En extrapolant légèrement, je me suis demandé si ce ne serait pas une bonne chose que le père du développement économique prodigue des conseils de gouvernance au fiston ? Deux premiers ministres en un. Comme un shampoing double action !

Tout n’est certes pas parfait mais ne devons-nous pas nous rendre compte que nous disposons du meilleur système de taxation de toute l’Afrique ! Nous sommes le numéro « un » de tout le continent noir au jeu des impôts. Quid de la redistribution diront certains ? Faudrait peut-être considérer les beaux chemins construits et la rapidité de la fibre optique, outre le maintien de l’État providence… sans compter l’aide de pays amis qui nous veulent du bien… gratuitement.

J’exposais ces choses-là à une amie. Qui juste après mon laïus m’assena : « Là aussi gouvernement-là pas bon même ! ? » J’avoue que je me suis sentie décontenancée au point de me tenir coite. Je crois que certains font du bon boulot notamment au niveau du développement, comme je crois que d’autres véhiculent une image de jouisseurs arrogants pourris.

Par ailleurs, il y aurait 14 000 nouvelles voitures sur nos routes, rien que pour l’année en cours. Est-ce seulement un signe extérieur de richesse et de liberté ? Je vous passe les heures perdues en embouteillages et le stress subi au quotidien. Zen, restons zen !