Après sa défaite lors des dernières élections, le débat pour que le PTr revoie sa structure et son fonctionnement est plus que jamais d’actualité. Le point focal des changements éventuels à venir est son leadership qui était jusqu’ici incontesté. Mais puisque d’aucuns imputent la raclée aux élections directement à Navin Ramgoolam, le positionnement pour  une éventuelle relève est en mouvement d’autant que l’actualité policière et en particulier l’affaire Roches-Noires est susceptible de toucher au coeur le leader actuel du parti. Yatin Varma, par voie épistolaire, et Arvin Boolell par celles des ondes, ne cachent pas la nécessité d’une refonte des structures du parti et le second nommé se déclare même  aspirant légitime au poste de leader du parti. Il y en a d’autres qui se font discrets et qui attendent le moment propice pour se déclarer.
Mais Navin Ramgoolam ne cédera pas son siège si facilement. D’où l’exercice de concertation entamé depuis le début de l’année par les membres du Bureau politique, sous sa supervision, misant sur un débat en marge de la refonte totale de son exécutif, jugé trop large, mais également, une refonte de la Constitution du Labour party. Ce qui sera chose faite, d’ici fin février, à la suite de quoi le PTr organisera son congrès annuel, début mars.
Le leader du PTr, Navin Ramgoolam, a donc réuni les membres du BP des rouges, une nouvelle fois mercredi dernier, pour discuter de l’avenir du parti. Mais aussi pour montrer à l’opinion publique qu’il est serein par rapport aux faits qui surgissent dans le sillage de l’affaire du vol au bungalow de Roches-Noires et que tout cela n’est qu’une manoeuvre politicienne pour le discréditer.
Il s’agit du deuxième BP tenu en un mois, vis-à-vis des Casernes Centrales, et qui change de l’ordinaire, laissent entendre quelques membres du parti qui regrettent que cette régularité de réunion n’ait pas eu lieu lorsque le parti détenait les rênes du pouvoir. Un exercice qualifié d’ailleurs au sein du parti de «plus que nécessaire» après la déroute électorale. Si cuisante soit-elle, la défaite du PTr est tout de même jugée comme «une bénédiction» parmi les rouges qui voient là «une opportunité inouïe de se repenser».
Entre-temps, Yatin Varma, l’ancien Attorney General, dans une lettre adressée au secrétaire général du Parti travailliste, préconise une série de mesures reconstructives «afin de permettre au phénix de renaître de ses cendres». Yatin Varma, membre de l’exécutif rouge, estime que, «Time is  the essence. The party needs to be reconstructed and saved». Outre une restructuration du parti, celui qui avait dû démissionner à cause de l’affaire Jeannot, propose que les locaux du quartier général du PTr soient rénovés, et qu’un secrétariat digne de ce nom soit créé pour permettre de suivre les activités du parti.
Les ambitions d’Arvin Boolell
Les discussions lors des deux derniers BP du PTr ont été «plus franches, plus directes et plus ouvertes», apprend-on, les membres du BP s’accordant à une restructuration totale du PTr. A commencer par le leadership. Un leadership que d’autres verraient entre les mains d’Arvin Boolell, qui bénéficie du soutien de membres influents et qui a laissé entendre qu’il était prêt à prendre ses responsabilités si le parti le lui demandait. Il a réitéré cette ambition sur les ondes en la déclarant légitime.
Si, lors du BP des rouges, le 19 décembre dernier, la lettre de démission de Navin Ramgoolam en tant que leader du PTr avait été rejetée «à l’unanimité», selon le principal concerné qui confiait à la presse «assumer entièrement ma part de responsabilité», dans la défaite du parti, il n’en demeure pas moins aujourd’hui que ce leadership n’est plus incontestable. «Le parti est committed à un changement en profondeur qu’il s’agisse du leadership ou du leader si nécessaire», laisse-t-on entendre.
Le PTr se prépare pour une réflexion profonde et le comité exécutif du parti devrait se réunir à nouveau mardi prochain au Square Guy Rozemont. L’occasion de se concerter à nouveau s’agissant de la restructuration du parti, mais aussi des préparatifs en marge du congrès annuel des rouges. Le 23 février, date à laquelle le PTr tient généralement son congrès, étant un jour de semaine, le parti envisage de tenir son congrès fin février, début mars. Une fois que la refonte du parti aurait pris forme, avec ou sans nouveau leader.