La direction du groupe Terra affiche sa confiance dans l’avenir et s’attend à ce que la plupart de ses pôles d’activités réalisent cette année de bonnes performances comparativement à 2016. Rencontrant la presse hier, Nicolas Maigrot, chief executive officer (CEO) du groupe, entouré des dirigeants des autres principaux secteurs d’activité, a annoncé le démarrage du projet de Smart City aussitôt la lettre de confirmation (Letter of Intent) obtenue des autorités et pour lequel des investissements totaux de l’ordre de Rs 30 milliards sont annoncés.
En Côte d’Ivoire, la compagnie sucrière Sucrivoire, dans laquelle Terra a des intérêts importants, se lance également dans un programme d’investissement d’environ Rs 3 milliards pour accroître sa capacité de production. S’agissant du pôle Energie, Terra indique que des actions d’amélioration de l’efficience opérationnelle ont été initiées, précédées d’investissements soutenus dans l’équipement.
L’exercice financier 2016 du groupe Terra s’est soldé par un chiffre d’affaires en hausse de 13,5 % à environ Rs 4,9 milliards. Les bénéfices avant frais financiers se sont élevés à Rs 459,8 millions contre Rs 403,5 millions en 2015. Cependant, les profits après impôt ont subi un repli : de Rs 726,4 millions à Rs 368,2 millions en raison des contre-performances de plusieurs compagnies associées (apport de Rs 52,4 millions contre Rs 287 millions en 2015 et d’un « reversal of impairment » d’un montant de Rs 166,1 millions attribuable à Sucrivoire, compagnie associée basée en Côte d’Ivoire, transfert qui ne sera pas récurrent. La direction de Terra semble être satisfaite de la performance d’ensemble des principaux secteurs d’activités du groupe bien qu’elle aurait souhaité de meilleurs résultats de certains pôles d’activités, en particulier la contribution des compagnies associées aux revenus du groupe.
Pour ce qui est du secteur sucre, le chiffre d’affaires a augmenté de 26, 6 % pour atteindre un peu plus de Rs 1,3 milliard. Ce secteur a dégagé des profits de Rs 46,2 millions l’année dernière alors qu’en 2015 il avait essuyé des pertes de Rs 8,9 millions. Ce changement est attribuable à une meilleure récolte, à une hausse de la production de sucres spéciaux et à l’augmentation des prix. Toutefois, de la Côte d’Ivoire, la contribution de la compagnie associée Sucrivoire a diminué de Rs 25,4 millions du fait d’une réduction dans le rendement de cannes. Les dirigeants de Terra sont optimistes quant au maintien de la croissance du secteur sucre en 2017. Le groupe compte capitaliser sur le développement de la production de sucres spéciaux et la compétitivité du secteur en poursuivant ses investissements dans la modernisation de l’appareil productif. D’autre part, des investissements d’environ Rs 3 milliards étalés sur cinq ans sont annoncés par Sucrivoire afin de porter sa capacité de production de 90 000 tonnes à 160 000 tonnes. Nicolas Maigrot a fait savoir que ces investissements proviendront des fonds propres de la compagnie aussi bien que d’emprunts bancaires. En outre, Terra continuera à chercher dans d’autres pays des opportunités d’investissement dans le secteur sucre.
La production énergétique demeure un autre pilier du groupe Terra. L’augmentation de l’efficience chez Terragen et l’utilisation accrue de matières premières locales, plus précisément la paille de cannes, pour la production d’électricité est au centre des préoccupations de la direction de Terragen. Jean Michel Gérard, le general manager, a parlé de la hausse de la production d’électricité en 2016 (430,8 gigawatts/heure contre 425,6 GWh en 2015), de l’utilisation réduite (-6 %) du charbon, des investissements de Rs 40 millions à venir pour la modernisation de l’équipement de Terra Milling afin que celle-ci diminue sa consommation de vapeur et permette de réaliser des gains en électricité. L’utilisation de la paille de canne pour la production énergétique a produit des résultats probants et Terragen compte valoriser environ 10 000 tonnes de paille de canne en 2017, soit le double du volume de 2016.
L’immobilier sera également au centre de la stratégie de développement de Terra. Le groupe veut être un acteur clé dans le secteur d’activité dans la région nord du pays. Nicolas Maigrot et Nicolas Eynaud, real estate manager, ont annoncé que la Smart City de Terra s’étendra sur une superficie de 228 hectares et qu’elle englobera Beau Plan et les régions de Pamplemousses et de Bois Rouge. La Smart City, pour laquelle une Letter of Intent est attendue, comprendra, dans un premier temps, un centre commercial et des espaces bureaux sur une superficie de quelque 7 000 mètres carrés, le projet résidentiel de Beau Plan sur 7 hectares et le campus de l’African Leadership College sur 53 hectares dont une première phase de 10 700 mètres carrés pour accueillir environ 500 étudiants. Selon Nicolas Maigrot, les investissements totaux dans la Smart City pourraient s’élever à Rs 30 milliards sur une période de quinze ans. Ils proviendront du groupe Terra aussi bien que d’investisseurs/partenaires privés.
Par ailleurs, évoquant la performance du pôle « Brands », Jocelyn de Chasteauneuf, directeur financier de Grays Ltd, a relevé la progression de 11,5 % du chiffre d’affaires à Rs 2,1 milliard alors que les profits nets n’ont enregistré qu’un léger repli (de Rs 129,4 millions à Rs 125,4 millions). Il s’est réjoui des bonnes performances des segments alimentaire, cosmétique et spiritueux notamment à Maurice et aux Seychelles alors que les sociétés opérant en Ouganda et à Madagascar ont connu des déboires. Jocelyn de Chasteauneuf est d’avis que les segments alimentaire et cosmétique ainsi que celui de l’exportation du rhum offrent des perspectives de croissance. Il a annoncé le projet de Grays Ltd d’ouvrir une boutique sous l’enseigne « MAC » d’ici décembre 2017 dans un centre commercial très fréquenté par les consommateurs.
Par ailleurs, le groupe Terra compte investir dans un projet de « resort development » à Balaclava dont l’aménagement d’un parcours de golf de 18 trous et la construction de villas de luxe.