La State Bank of Mauritius Ltd a enregistré des profits après impôts de l’ordre de Rs 4,8 milliards pour les 18 mois se terminant au 31 décembre 2013. Ce qui correspond à une progression de 35,1% par rapport aux Rs 3,5 milliards réalisés pour la même période se terminant au 30 juin 2012.
Approuvés samedi par le conseil d’administration du groupe bancaire, les résultats couvrent exceptionnellement la période juillet 2012–décembre 2013 du fait que le groupe a changé entretemps la date marquant la fin de son exercice financier, la fixant au 31 décembre au lieu du 30 juin. Ainsi, pour que l’analyse soit comparable, les résultats du groupe pour les 18 mois se terminant au 31 décembre 2013 sont comparés à la période précédente s’étalant sur 18 mois, soit de janvier 2011 à juin 2012.
Selon Jairaj Sonoo, Chief Executive Banking (Indian Ocean Islands) de la SBM, si l’on exclut les revenus sous forme de dividendes, les bénéfices du groupe attribuables aux actionnaires ont augmenté au cours de l’exercice en question pour atteindre Rs 3,9 milliards pour les 18 mois se terminant au 31 décembre 2013, comparativement à Rs 3,3 millions pour la même période se terminant au 30 juin 2012, ce qui représente une augmentation de 19,6%. Comparativement à la période janvier 2011-juin 2012, les revenus d’exploitation du groupe ont crû de Rs 2,3 milliards, ou 32,4%, une performance dûe principalement à des revenus nets d’intérêts en hausse de 34%. La direction de la banque observe également que, pour la période concernée, les revenus sous forme d’intérêts ont augmenté de 11,7% grâce à un rendement plus élevé découlant d’une meilleure répartition des actifs et de volumes plus importants.
De plus, les dépenses sous forme d’intérêts ont diminué de Rs 0,5 milliard, ou 13,2%, grâce « à une gestion efficace des passifs ». Le groupe s’est focalisé sur les dépôts à plus faible coût, tout en procédant au remboursement des dépôts en devises à cout élevé arrivant à maturité.
Sous l’item des revenus hors intérêts, la période de 18 mois se terminant au 31 décembre 2013 s’est soldée par des encaissements de Rs 3,4 milliards, comparativement à Rs 2,6 milliards pour la période précédente. Une baisse de 6,5% a été enregistrée au niveau des dépenses hors intérêts, mais excluant les revenus de dividendes et gains sur les cessions d’actifs en participation au capital. La baisse est expliquée par des revenus plus faibles sur les opérations en devises et les opérations transfrontalières liées aux cartes. Toutefois, le groupe bancaire annonce avoir conclu un accord avec un troisième opérateur de réseau de cartes, ce qui devrait représenter, à terme, une source additionnelle de revenus. Le groupe fait en outre état de dépenses importantes dans le déploiement de son programme de transformation technologique. Quant au ratio coûts revenus, reflet de l’efficacité opérationnelle de l’organisation, il a connu une légère amélioration, s’établissant à 34,8%, comparativement à 35,5% pour la période correspondante en 2011-2012.
Par ailleurs, la SBM indique que les crédits totaux du groupe ont crû de 12% pour atteindre Rs 71,1 milliards au 31 décembre 2013. Pour ce qui est dépôts, une augmentation de 9%, à Rs 83 milliards, a été notée. « La croissance réelle des crédits et des dépôts aurait été de 15,43% et de 13,58% respectivement comparé à juin 2012, si la banque n’avait pas, d’un point de vue stratégique, diminué les actifs à faible rendement et les dépôts en devises à coût élevé », fait-on ressortir. Les créances douteuses (“impaired advances”) ont, elles, connu une progression sur la période concernée, avec un ratio des “net impaired advances” par rapport aux crédits nets accordés représentant 0,92% au 31 décembre 2013. Cependant, Jairaj Sonoo se réjouit du fait que le ratio d’adéquation du capital (20,9% au 31 décembre 2013) soit resté à un niveau bien plus élevé que le minimum réglementaire (10%) alors que, sous les dispositions prévues sous les règles de « Basel III », ce même ratio représenterait 19%. La SBM a déclaré un dividende par action de 6 sous pour les 18 mois se terminant à décembre 2013, par rapport à 3,5 sous pour les 12 mois se terminant à juin 2012.
Évoquant les perspectives pour l’année  en cours, la direction de la SBM dit constater des signes d’amélioration de l’environnement économique global avec un renversement de tendance dans les pays développés. Cependant, une reprise solide et durable se fait toujours attendre. « L’environnement local devrait donc rester, du moins pour la première moitié de l’année, sujet à d’importants défis et sera caractérisé par une demande de crédits faible et un excès de liquidités. Tout en se préparant à saisir des opportunités émanant d’une éventuelle reprise, la SBM continue d’adopter une approche prudente au vu d’un environnement qui reste fragile », annonce Jairaj Sonoo. Celui-ci affirme que le groupe bancaire poursuivra ses initiatives stratégiques avec l’objectif de diversifier sa base de revenus, sa palette de produits et ses marchés, tout en renforçant ses processus et capacités opérationnelles.