Dans le sillage d’un jugement récent de la Cour suprême rejetant la demande du Dr Y. Ali Boodoo (gynécologue et ancien médecin du service public), qui demandait l’autorisation d’avoir recours au Privy Council pour contester un jugement de la Cour intermédiaire datant de 2013 le condamnant à une peine d’emprisonnement de neuf mois, le Medical Council (MC) a retiré la semaine dernière le nom du médecin du registre de la profession.

Le Dr Abdool Yusuf Boodoo a été informé vendredi dernier par le MC du retrait de son nom du registre des médecins, signifiant ainsi qu’il ne peut plus pratiquer la profession médicale. « Depuis vendredi dernier, ce médecin n’a plus le droit d’exercer », confirme au Mauricien un membre du MC. À la suite de ce jugement de la Cour suprême, l’organisme de contrôle de la profession médicale a en effet longuement discuté de la marche à suivre avant d’arrêter sa décision. Le médecin exerçait jusqu’à récemment dans le service privé.

Pour rappel, le Dr Boodhoo avait été condamné en 2013 par la Cour intermédiaire à neuf mois de prison pour “involuntary homicide by negligence”. Les faits ayant conduit à cette sentence remontent au 1er mai 2005, alors qu’il était de service à l’hôpital Victoria et qu’il pratiquait une césarienne sur une patiente âgée de 33 ans. Cette dernière avait commencé à saigner abondamment et le gynécologue avait alors fait appel à l’assistance de ses collègues, qui n’ont pu sauver la jeune femme. L’ancien Chief Police Medical Officer, le Dr Satish Boolell, qui avait pratiqué l’autopsie le lendemain du décès de la jeune femme, avait indiqué en cour qu’il y avait eu “tearing” dû à un “sharp instrument” »qui avait été utilisé lors de l’intervention, et que c’est ce qui aurait causé une hémorragie.

Dans son jugement rendu en octobre 2013, le magistrat Seebaluck a conclu que le médecin était responsable de la mort de la patiente. « I find that there are no reasons which would disculpate the accused from the responsibility of the death of the patient which clearly was the doing of the accused by his negligence », avait souligné le magistrat dans son jugement.

Le médecin avait alors écopé d’une peine d’emprisonnement de neuf mois pour “involuntary homicide by negligence”. Par la suite il avait fait appel du jugement mais avait essuyé un revers. C’est ainsi qu’il a demandé l’autorisation d’avoir recours au Privy Council, mais la Cour suprême a rejeté sa demande. Dans leur jugement, les juges Nirmala Devat et Prithviraj Fekna ont fait ressortir que la demande du médecin ne relève pas d’une affaire constitutionnelle et que, de ce fait, elle ne peut être examinée par le Judicial Committee du Privy Council.

À la suite de ce grave incident survenu à l’hôpital Victoria, le médecin a démissionné depuis plusieurs années de son poste de la fonction publique. Avec la décision prise par le MC la semaine dernière de retirer son nom du registre, le Dr Abdool Yusuf Boodoo n’a désormais plus le droit d’exercer. Mais selon nos informations, à la suite du refus de la Cour suprême, il aurait entamé des procédures pour faire appel directement au Privy Council.