L’annonce du vice-Premier ministre et ministre des Finances, Xavier-Luc Duval, du retour des clubs traditionnels pour une ligue semi-professionnelle de football, vendredi dernier lors de son allocution budgétaire 2014, a déclenché un débat. Le gouvernement mettra Rs 10 M à la disposition des dix équipes qui constitueront cette ligue.
Des stades pleins à craquer permettront-ils de rehausser le niveau du football local ? C’est la question que d’aucuns se posent. Les avis divergent en ce qui concerne le retour des clubs traditionnels, surtout dans le contexte actuel ? Il va sans dire que l’idée d’une ligue professionnelle n’est pas véritablement nouvelle puisque l’ « Accord de Wolmar » préconisait une Premier League professionnelle.
Cet « Accord » a été finalisé à l’issue d’un séminaire organisé du 31 août au 6 septembre 2009 à l’hôtel The Sand par la MFA et la FIFA avec les différents stakeholders du ballon rond. Mais depuis, aucun mécanisme n’a été mis en place pour matérialiser ce projet. Quatre années plus tard, le gouvernement vient avec une « bold decision » pour « relancer le football » qui, pour lui, va vers une morte lente. Cependant, pour passer de la parole à l’action, il existe tout un processus. « Cette mesure ne sera pas faite du jour au lendemain. Nous mettrons les conditions nécessaires pour atteindre cet objectif. Il ne s’agit pas d’animer le communalisme à travers le retour des clubs traditionnels mais d’encourager le public à retourner au stade », estime le ministre de la Jeunesse et des Sports.
Lors de son discours budgétaire jeudi, Devanand Ritoo a déclaré que provision sera faite dans le nouveau Sports Bill, qui sera présenté bientôt, pour la ligue semi-professionnelle, qui regroupera dix clubs, selon les indications. Ces derniers seront constitués en une association sous la coupole de la Mauritius Football Association (MFA). Au niveau de la MFA, son président Samir Sobha a estimé qu’une ligue semi-professionnelle est une bonne chose. « Il faut qu’on élabore sur ce projet et voit comment ne pas y donner une connotation communale avec le retour des clubs traditionnels. »
Le député du MMM Franco Quirin a, lui, dit « reconnaître que l’initiative d’accorder un financement de Rs 10 millions pour mettre en place une ligue semi-professionnelle est bonne. Par contre, nous récusons l’idée que cette ligue doit se faire avec les anciens clubs communaux. S’il faut que cette ligue semi-professionnelle soit effective, ce sont les clubs existants qui doivent en faire partie. Mais lancer une ligue semi-professionnelle n’est pas une mince affaire. Il ne suffit pas de donner Rs 1 million à un club et se dire que le tour est joué. »
Plusieurs observateurs ont remarqué que lorsque le championnat local regroupait les clubs traditionnels tels que la Fire Brigade, les Hindu Cadets, les Tamil Cadets, les Muslim Scouts et le Dodo Club, le football mauricien n’a jamais atteint un classement spectaculaire. Au contraire, c’est à l’avènement de la régionalisation en 2000, après de graves incidents survenus durant et après la rencontre Fire Brigade/Scouts Club en mai 1999, que le Club M a occupé son meilleur classement mondial (116e).
« Pour faire progresser le football, il faut apporter des mesures à long terme en permettant à chaque équipe d’avoir son infrastructure, sa formation de différentes catégories et aussi organiser des compétitions régulièrement pour toutes les catégories, sans oublier l’investissement dans la formation des cadres. C’est par ce processus que le football progressera », estime un ancien joueur.