Le député de la circonscription No. 20 responsable du dossier sport au sein de l’Alliance MMM/MSM, Franco Quirin, est intervenu sur le budget 2014, lors de la semaine écoulée. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas manqué de faire part de son désaccord, comme son parti d’ailleurs, contre un retour des équipes à caractère communal dans le paysage footballistique. Une mesure qu’il a qualifiée de dangereuse telle qu’elle est proposée et a aussi indiqué ses conséquences sur la société mauricienne. Pour soutenir ses arguments, il s’est appuyé sur plusieurs points dont les événements tragiques ayant fait huit morts après la rencontre Fire Brigade.
Dans son allocution, Franco Quirin n’a pas manqué l’occasion de faire état des tristes événement du 23 mai 1999 comme pour dire qu’un retour des équipes à caractère communal comme préconisé par le gouvernement n’était pas une bonne décision. Selon lui, venir dire que ce système va rehausser le niveau est un argument frivole. « Car dans aucun pays cet argument, que je considère comme frivole, n’a été utilisé pour introduire une ligue semi-professionnelle. » Pour Franco Quirin, le gouvernement aurait dû, avant de se lancer dans cette absurdité, voir d’abord ce qui a été réalisé dans des pays comme le Kenya, le Nigeria, l’Afrique du Sud ou encore le Ghana qui ont également lancé une ligue semi-professionnelle de football. Pour lui, « l’argumentaire communal n’a jamais été une excuse et Dieu sait pourtant à quel point il existe des problèmes ethniques dans ces pays. »
Dans son discours, Franco Quirin a cité une réponse (25 mai 1999) du Premier ministre actuel à un Private Notice Question (PNQ) du Leader de l’Opposition d’alors et actuel, dans laquelle il indique: «Gouvernement is envisaging in consultation with the Mauritius Football Association to stop holding football tournamement for an indefinite period, pending a meaningful reform of how our football clubs should be organised. The House will shortly have the opportunity to debate the Sports Bill to be presented by the Minister of Youth and Sports and the process of reforms will be addressed in that legislation»
Franco Quirin a aussi cité la réponse (19 juin 1999) de l’ancienne ministre Marie-Claude Arouff Parfait qui disait qu’en tant gouvernement responsable des  précautions nécessaires allaient être prises pour éviter des situations similaires. Elle avait même indiqué que le processus de régionalisation sera un succès. « Qu’a fait le Parti Travailliste et son allié pour donner à la régionalisation du football, en particulier, une chance de réussir ? Mis à part le régional grant de Rs 13 millions introduit par le gouvernement MSM-MMM qui a été maintenu. Rien absolument rien…. », a fait ressortir Franco Quirin. Selon lui, sept ans se sont écoulés depuis le retour au pouvoir de ce gouvernement et personne n’a bougé le petit doigt pour restructurer et relancer la régionalisation du sport.
Poursuivant son allocution, Franco Quirin a évoqué les rapports du comité des sages de 1994, présidé par feu Jean-Roland Delaître, et celui de l’ex-juge Ahnee en 1996. Il a indiqué que les deux rapports ont un point en commun : l’urgence d’appliquer une politique de régionalisation pour le football avec des clubs régionaux. « Aujourd’hui ce gouvernement joue au plus royaliste et propose donc le retour des clubs à caractère communal. Si vraiment ce gouvernement avait à coeur la relance du football sur une bonne base avec un championnat semi professionnel, il aurait tout juste fallu qu’il consulte ce qu’on appelle «The Volmar Declaration» », a-t-il déclaré.
Selon lui, le gouvernement est sans aucun doute entrain de céder à des lobbies malveillants et a trouvé dans cette démarche une occasion de surfer sur le côté sentimentaliste, provoqué par cette décision, pour des gains purement et bassement politiques. « Je le redis c’est une décision dangereuse et les patriotes que nous sommes de ce côté de la chambre ne peuvent cautionner un tel retour à un passé peu glorieux de notre football. Car le football communal a laissé des traces indélébiles dans notre société. Qui n’a pas été témoin des dérapages des supporters de ces équipes chaque week-end ? »
S’il dit saluer l’initiative d’accorder un financement de Rs 10 millions pour mettre en place une ligue semi professionnelle, en revanche, il récuse l’idée d’un retour des clubs communaux. Selon Franco Quirin, il ne faut surtout pas mettre la charrue devant les boeufs, car il y a d’abord toute une organisation à mettre en place.  » D’abord, il y a le soutien de la MFA, qui est l’instance suprême du football à Maurice, à être obtenu. Donc toute décision de cette importance doit passer par son assemblée générale. Il y a aussi la question des infrastructures à résoudre. Comment peut-on faire une ligue semi professionnelle avec des stades en décrépitude. Il y a aussi la gestion de ces clubs semi professionnels, tout comme l’engagement du secteur privé dans ce projet », a-t-il souligné.
Le sport mauricien en baisse
D’autre part, Franco Quirin a dit noter que le mouvement sportif mauricien assiste, de manière impuissante, à une dégradation de ses acquis et de ses moyens. » Il est vrai que le ministre des Finances a accordé un peu plus de place aux sports dans son discours. Mais pour annoncer quoi ? Pour relancer ou pour dynamiser quoi ? », s’est-il demandé. Ce dernier a également souligné le manque de considération à l’égard du sport mauricien. Du reste,  il a indiqué que le sport mauricien accuse une baisse inquiétante. « Au risque de me répéter, notre sport a besoin de moyens, d’abord et avant tout financiers, puis structurels et l’encadrement technique approprié afin de pouvoir rivaliser avec les meilleures nations africaines et pourquoi pas mondiales ? »
Pour lui, ce troisième budget de l’actuel ministre des Finances ne vient pas donner à nos athlètes cette rampe de lancement tant recherchée pour préparer les évènements si importants pour leur carrière, à commencer par les Jeux des Îles de 2015 à La Réunion. Selon les indications, a-t-il souligné, le budget du ministère des Sports a connu une hausse sensible de Rs 57 millions pour l’année financière de 2014. « Sans financement, le sport mauricien est voué à l’échec. De ce constat, je ne peux passer sous silence, encore une fois la non-disponibilité des fonds du CSR pour le sport. Au fil des années, cette manne financière n’arrive toujours pas à aider le sport mauricien dans son ensemble. »