Yenba Enterprise Co. Ltd et Sportcraft Entreprises Ltd, les promoteurs ayant fait la demande pour opérer des jet skis à Flic en Flac et Pointe Jérôme, n’ont toujours pas obtenu leur permis. Pour cause, ils n’ont jusqu’ici pas complété les formalités et ne répondent toujours pas aux critères requis par la Tourism Authority (TA) pour l’obtention de leur permis. Or, ces permis qui devraient selon nos informations être alloués, une nouvelle fois à des proches du pouvoir, ont déjà été approuvés par la TA qui attend que ces deux sociétés se régularisent pour leur octroyer leur document officiel. Cependant, selon nos informations, ces promoteurs, qui se prédestinaient à opérer à Flic en Flac et Pointe Jérôme ont changé d’avis quant aux sites choisis. Pour diverses raisons, ils préféreraient la région de Rivière Noire. Ce qui pour l’instant, au devant des vagues de protestations des habitants, plaisanciers et hôteliers de la région, n’est pas possible. Mais il existe de forts lobbies pour accéder à cette demande des promoteurs.
Quatre mois après le retour des jet skis dans nos eaux, à ce jour, seul Hemant Kumar (Mike) Dookun de Blue Shell et Jayraj Woochit de North West Ltd, deux proches du PTr, ont obtenu leur permis et opèrent ces engins à moteur, dans la région de Trou aux Biches. Si plusieurs rumeurs circulent à l’effet que Mike Dookun aurait vendu ses jet skis à Jayraj Woochit, le directeur de North West Ltd soutient pour sa part que “c’est pas vrai, nous travaillons ensemble.” Et d’ajouter que “travay mem pena”. A la TA, on soutient que Mike Dookun, dont le permis d’opération est pour la région de Pointe aux Piments mais qui avait fait une demande pour pouvoir opérer à Trou aux Biches, devrait prendre le large et s’installer, dans les prochains jours, à Pointe aux Piments pour opérer ses jet skis. Cependant, à TAB, on constate que Mike Dookun aurait disparu de la circulation.
C’est principalement les engins de Jayraj Woochit qui sont en opération.
Parallèlement, les deux autres opérateurs, Yenba Enterprise Co. Ltd et Sportcraft Entreprises Ltd, qui avaient soumis leur demande, approuvée d’ailleurs, depuis l’année dernière par la BA, n’opèrent toujours pas, faute de permis. A la TA, on indique que c’est en raison des lacunes de ces deux promoteurs que les permis n’ont pas encore été octroyés. “Il s’agit d’une question de temps et nous devons vérifier que ces promoteurs répondent aux critères de la TA et aux conditions imposées pour ce sport, avant de leur donner un permis”, explique le directeur de l’organisme, Niven Muneesamy. Il fait ressortir que ces promoteurs  doivent entre autres également pouvoir produire des documents prouvant si les jet skis qui seront mis en opération sont des engins neufs ou importés, et disposer des documents d’enregistrement auprès des autorités concernées.
Pointe Jerôme pas  praticable, selon la TA
Or, selon nos informations, à ce jour, Yenba Enterprise Co. Ltd et Sportcraft Entreprises Ltd, dont les promoteurs ne sont autres que des proches du pouvoir, hésitent à se lancer en raison d’un choix de site.  C’est à Flic en Flac et Pointe Jérôme que devaient s’installer ces deux opérateurs. Ces deux sites n’étant pas à leur convenance, depuis le début de l’année, les promoteurs de ces deux sociétés, basées à Trou d’Eau Douce, envisagent d’opérer  à Rivière Noire. D’une part, parce que la passe au niveau de Flic en Flac est trop étroite, rendant ainsi la pratique du jet ski hors lagon moins pratique. Et d’autre part, Pointe Jérôme n’étant, comme le concède le directeur de la TA, pas praticable.
Vagues de protestation
Du côté de Rivière Noire, depuis le début de l’année déjà, des voix se sont élevées contre la tentative de Yenba Enterprise Co. Ltd et Sportcraft Entreprises Ltd d’opérer dans cette région. En effet, pêcheurs, plaisanciers, opérateurs de sports nautiques, hôteliers ainsi que les habitants de la région ont fait parvenir une pétition et une lettre de protestation à la TA s’élevant contre la pratique du jet ski dans les eaux de Rivière Noire. Ces protestataires – qui souhaitent le gel de toute procédure visant à l’octroi des permis pour le jet ski – réclament par ailleurs que les eaux de Rivière Noire, Tamarin et Le Morne, demeurent tranquilles, sans ces engins à moteurs qui viendraient à leur avis, non seulement troubler le lagon, mais aussi faire croître les risques de collision avec les plongeurs et provoqueraient ainsi des interférences en ce qu’il s’agit de l’activité Dolphin Watching. Cependant, ils devront compter avec la ténacité des promoteurs qui selon nos informations font de gros lobbies pour obtenir l’aval des autorités. A la TA, on explique que le choix du site revient au promoteur. “Il peut y avoir des protestations, mais si le promoteur a obtenu ses clearances, dont celui du ministère de la Pêche, il aura son permis et pourra opérer là où il a identifié un site idéal”, indique Niven Muneesamy. Et d’ajouter qu’une fois que le promoteur a identifié son site et a soumis sa suggestion à la TA, il revient au Licensing Commitee d’étudier la proposition et de donner ou non son accord. Ce qui offusque les observateurs avertis, qui estiment qu’il revient aux autorités de conduire des études de risques sur les sites avant de donner son aval pour un projet. “C’est le monde à l’envers. Demain, un promoteur peut dire je veux opérer à Tamarin, là où s’effectue l’activité Dolphin Watching, et les autorités lui donnent son permis! C’est aberrant cette manière de fonctionner”, disent-ils. Les protestataires du côté de Rivière Noire, conscients des lobbies qui se font, n’envisagent pas de baisser les bras. Ils assurent qu’ils s’interposeront à la pratique du jet ski à Rivière Noire, Tamarin et Le Morne. Ils comptent envoyer d’autres pétitions et lettres de protestation aux autorités.