Au nom des plaisanciers de l’Ouest, Karl Lamarque, secrétaire de la Federation of Pleasure Crafts Operators (FPCO), réclame une rencontre avec les autorités compétentes afin de discuter des inconvénients du retour du jet ski parmi les activités nautiques autorisées. Si la Tourism Authority (TA) parle de diversifier les activités proposées aux touristes, les plaisanciers et pêcheurs mettent en avant les conséquences écologiques néfastes, « ce qui risque d’avoir des répercussions sur d’autres activités », soutient M. Lamarque.
La vague de contestation autour de l’octroi de permis pour la pratique du jet ski hors lagon n’a pas laissé les autorités concernées insensible. Depuis plusieurs semaines, des officiers de la TA, du ministère du Tourisme, du ministère de la Pêche et de la National Coast Guard se concertent sur les guidelines de cette activité pratiquée pour l’instant à Trou-aux-Biches seulement. Le directeur de la TA, Niven Muneesamy, souligne que selon la Tourism Authority Act, « le jet ski doit être pratiqué uniquement hors lagon et d’autres règlements doivent être respectés », comme l’utilisation d’une plateforme située hors lagon. « Les jet skis sont remorqués de la plage jusqu’à la plateforme », dit-il, en précisant que les permis octroyés à North West Ltd et Blue Shell Ltd, sociétés gérées respectivement par Jayraj Woochit et Kumar Dookun, sont valables pour une période d’une année. « C’est un projet sur une base pilote. Nous surveillons de près ces activités. En cas de problème, le permis pourrait être annulé ». Depuis que les autorités ont réautorisé cette activité nautique, plusieurs opérateurs ont fait une demande de permis dans ce sens. La TA compte étendre ses activités à Pointe-aux-Piments, Flic-en-Flac et Pointe-Jérôme. « Ce sont des zones où il n’y a pas énormément de vie marine », soutient Niven Muneesamy.
Les pêcheurs, les plaisanciers et les forces vives ne sont cependant pas de cet avis. Dans une correspondance déposée aujourd’hui à la TA et au ministère du Tourisme, la FPCO réclame une réunion d’urgence afin d’exposer son point de vue. Outre de représenter une menace pour la sécurité des baigneurs, le jet ski cause des dégâts environnementaux irréversibles, soutient Karl Lamarque. Sans compter qu’il risque de compromettre les autres activités nautiques tels que le Dolphin Watching, la plongée en apnée, entre autres. « Le bruit des moteurs de ces engins effraie les poissons. Les autorités estime que le jet ski contribuera à la relance des activités nautiques dans le secteur du tourisme. Mais les activités sous-marines risquent d’être affectées, cela effraie les poissons et risque également de détruire les coraux. C’est tout l’écosystème marin qui est menacé, sans compter le gagne-pain de milliers de familles », dit-il. Un avis que partagent les pêcheurs de la région. Rappelant que la population de poissons n’a cessé de diminuer, ils estiment que le retour du jet ski ne fera qu’aggraver la situation.
« Nous souhaitons exposer notre point de vue et empêcher que cela tourne en désastre », soutient la FPCO. Mais pour la TA, « le bruit des jet ski n’est pas aussi assourdissant que l’on tente de le faire croire. Au contraire, certains bateaux de plaisanciers font plus de bruit que le jet ski ».