La délégation sportive mauricienne est rentrée au pays hier soir de son périple ivoirien, où elle a participé aux Jeux de la Francophonie du 21 au 30 juillet dernier, avec trois médailles, une en argent et deux de bronze. Selon Bernard Baptiste, médaillé de bronze au lancer de poids, la leçon a été retenue.
L’ambiance était au rendez-vous hier soir à l’aéroport. Famille, amis et connaissances sont venus accueillir les sportifs mauriciens après ces Jeux. L’enthousiasme pour certains et la déception pour d’autres. « Je souhaite féliciter tous les sportifs qui ont pris part à ces Jeux. Même si certains pensent avoir échoué, je leur dirai simplement qu’on apprend des erreurs et de prendre cette rage comme une motivation afin de mieux faire pour la prochaine édition qui se tiendra au Canada », déclare Bernard Baptiste.
Il se concentrera sur son prochain objectif. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, il n’a pas les yeux totalement rivés sur les Jeux du Commonwealth, à Gold Coast en Australie, l’année prochaine. « Mon prochain objectif n’est pas les prochains Jeux du Commonwealth de 2018 comme le penser certain mais mon objectif est d’atteindre les 18 mètres car aucun lanceur mauricien ne l’a fait jusqu’ici », explique le lanceur.
Revenant sur son parcours à Abidjan, le spécialiste du lancer oscille entre satisfaction et déception. « Dès que j’ai su que j’allais récolter la médaille de bronze, mon premier réflexe était de parler à mon entraîneur, Jacques Ramtaron, pour lui dire qu’on l’avait fait. Certes je passe à 6cm du record de Maurice mais je suis quand même satisfait d’avoir ramené dans ma valise une médaille », ajoute t-il.
La satisfaction était également de mise dans le camp des judokas. 20 ans que le judo mauricien n’avait pas ramenés de médailles aux Jeux de la Francophonie, jusqu’à ce que Christiane Legentil et Sarah Sylva ne mettent fin à la longue disette. Si Christianne Legentil a dû rentrer directement en France pour continuer sa préparation (voir par ailleurs), Sarah Sylva, médaillée de bronze chez les -57 kg, elle, est rentrée avec la délégation. Elle parle de sa satisfaction, parlant de revanche personnelle, tout en gardant un oeil sur ses objectifs.
« Cela faisait près d’un an que je n’avais pas foulé le tatami pour une compétition internationale. C’est un peu une revanche personnelle. Je me suis durement entraînée pour pouvoir arriver jusqu’ici et je suis très fière de ma performance. J’ai pu trouver la force grâce au soutien du ministre et des sportifs dans les gradins. »
Quels sont ses objectifs, après être montés sur le podium des Jeux ? « Viser un podium aux prochains championnats d’Afrique », souligne la licenciée du Ste Croix Judo Club.
Pour Eric Milazar, détenteur du record de Maurice au 400m, le bilan de ces jeux est satisfaisant. « Avec 14 athlètes on a pu récolter deux médailles. Les jeunes, à l’instar d’Orwin Emilien (4e en finale du 400 m) commencent à montrer le bout du nez. Ils doivent garder la tête sur les épaules pour assurer l’avenir de l’athlétisme mauricien. »
Pour l’ancien sprinteur, il faut désormais voir plus loin. « On doit se projeter vers l’avenir, car il y a beaucoup de jeunes qui font partie de la délégation. Avec un bon encadrement, je pense que les sportifs mauriciens seront sur la montante », ajoute t-il.
La lanceuse de javelot, Jessika Rosun se dit « déçue » de sa performance. « C’est au deuxième essai que je perds ma troisième place. Pour ma part, je ne suis pas perdante mais gagnante car ce sont les échecs qui nous poussent à mieux faire et c’est sûr que je travaillerai encore plus dur pour la prochaine fois », souligne Jessika Rosun.
Si le succès n’a pas été au rendez-vous pour toute la délégation mauricienne, Bernard Baptiste a résumé tout cela en une phrase. « On ne perd pas, on apprend », c’est le message qu’il a adressé à ceux qui n’ont pas atteint leurs objectifs.