Il avait débuté sa carrière dans la simplicité, soit aux Vallijee Citizens, et a connu par la suite le haut niveau français. Près de 25 ans de sa vie consacrés au volley-ball, et Alain Offman a cette fois pris la décision de poser définitivement ses valises dans son île natale. Alors qu’il court sur ses 51 ans, il compte désormais exercer en tant que bioénergéticien, tout en ayant un regard sur l’évolution de cette discipline à Maurice.
À Grand-Gaube où il a élu domicile depuis quelques semaines déjà, Alain Offman revient sur les hauts et bas de sa carrière. Une pensée d’entrée pour ces entraîneurs qui ont su lui montrer la voie de la réussite, notamment Mario Arimond, son premier mentor, George Appadoo, responsable de la sélection nationale juniors vers le milieu des années 1980, Anwar Diouman, sous la férule duquel il a décroché l’or aux Jeux des îles de 1990 à Madagascar, et Philippe Blain, avec qui il avoue avoir beaucoup appris pendant ses premières saisons à Montpellier. « J’ai eu la chance de côtoyer de tels entraîneurs. Ils m’ont énormément apporté », affirme-t-il, reconnaissant.
À 17 ans, Alain Offman cueille ses premiers lauriers au sein des Vallijee Citizens, vainqueurs du championnat de deuxième division. Sa taille, sa force de frappe et son potentiel naissant ne laissent pas insensibles les responsables des autres formations. Tant et si bien qu’après une autre saison au sein de l’équipe de la banlieue port-louisienne, il rejoint les rangs de la Fire Brigade alors en quête d’une première consécration chez l’élite.
Aux Jeux des îles de 1985, l’entraîneur Jean-René Moutia n’hésite pas à lui faire confiance. « J’étais le plus jeune du groupe », précise-t-il. Fort d’une consécration avec la Fire Brigade et de sa médaille d’argent acquise aux JIOI, Alain Offman voit alors s’ouvrir d’autres horizons. En France, il saura saisir sa chance. Montpellier VBC, Evreux, Saint-Nazaire, Agde et Mende auront été autant de clubs au sein desquels le volleyeur mauricien aura su exercer son talent.
S’il a connu des moments d’intense bonheur comme une finale remportée par Agde aux dépens de Bordeaux pour l’accession en Pro A ou encore une demi-finale de Coupe de France à couper le souffle face à Cannes, alors un des géants de l’élite, et perdue au tie-break, il n’en demeure pas moins que la déception était parfois au rendez-vous. C’est ainsi qu’Alain Offman a encore en mémoire le conflit qui l’avait opposé au président du Montpellier VBC qui lui avait préféré un Argentin, alors qu’il avait déjà rempilé pour une saison, ou encore la relégation de Saint-Nazaire et d’Agde en Pro B.
Mission réussie
Autant de hauts et de bas qui ont finalement forgé son caractère et aujourd’hui il se trouve dans la peau de quelqu’un ayant réussi sa mission. « Certes, je n’aurais jamais imaginé une telle carrière. Le volley-ball m’a tout apporté. Les rapports humains, la discipline de vie, le respect, l’amitié ont été autant de facteurs positifs qui ont jalonné ma carrière », souligne-t-il.
S’il a su être à la hauteur des attentes placées en lui en France, Alain Offman a également fait les beaux jours de la sélection nationale, notamment avec les médailles d’or acquises lors des JIOI de 1990 et 2003. Ses yeux s’illuminent quant il évoque la finale de 1990 disputée devant un public acquis tout à la cause des Malgaches. « Les espoirs reposaient surtout sur la sélection féminine et tout le monde nous donnait perdants face aux Malgaches. Ces derniers surveillaient surtout Melchior (Miniopoo), Neeraj (Munien) et moi. C’est finalement Jerry (Labonne) qui a sorti le match de sa vie. Ce succès a constitué à coup sûr un des plus grands moments de ma carrière. »
Même s’il s’est donné à fond dans sa discipline de prédilection, Alain Offman n’en a pas moins préparé son après-carrière. En se spécialisant dans les soins énergétiques, il a pu travailler dans un cabinet de kiné tout proche d’Agde, soit à Bessan. « Je me sens bien dans ce milieu », affirme-t-il. Est-ce à dire donc qu’il veut définitivement tirer un trait sur le volley-ball et ce, même s’il a obtenu un diplôme d’entraîneur fédéral niveau 1 ? « Je ne compte pas m’engager à 100%, car je constate que ceux impliqués dans le volley-ball local ne tirent pas dans le même sens. Peut-être existe-il également une certaine saturation. »
Reste que la passion d’une discipline qui lui a fait connaître quelques sommets pourrait au fil du temps lui faire changer d’avis.