En prélude aux débats de fond sur des amendements à la Constitution pour l’inclusion de la discrimination positive envers des candidates aux élections municipales et sur le nouveau Local Government Bill revu et corrigé, l’opposition et le gouvernement ont eu l’occasion d’une première passe d’armes avec le retrait des projets de loi relatifs. Si de son côté le leader de l’opposition Paul Bérenger s’est félicité du fait que le gouvernement n’a eu d’autre choix que d’avoir recours à des motions pour le retrait de ces textes de loi, le Premier ministre Navin Ramgoolam ne s’est pas fait prier pour revenir sur l’épisode d’août 1990 avec des amendements à la Constitution pour faire de Maurice une république et amendements qui n’ont pas été mis au vote après débats à l’Assemblée nationale.
« I am glad of the point I made last Tuesday that the bill cannot be removed without a motion to that effect. I’m glad that this has been acknowledged », a soutenu d’emblée le leader de l’opposition à la suite de la confusion survenue la semaine dernière à l’Assemblée nationale. « We are entitled to know why this has been withdrawn especially when we are dealing with the Constitution of Mauritius, the supreme law of the land. We should take great care when dealing with the Constitution. We cannot play about the Constitution of Mauritius in that way », a regretté Paul Bérenger.
Le leader de l’opposition s’est d’autre part appesanti sur l’absence de « concurrence » entre le gouvernement central et l’Assemblée régionale de Rodrigues et de la majorité de deux-tiers pour forcer le projet de Town Council à Port-Mathurin. « J’invite le Premier ministre à tout révéler sur les raisons derrière le retrait de cet amendement à la Constitution », a poursuivi Paul Bérenger.
Le Leader of the House a pour sa part concédé que la Constitution est un texte de loi majeur méritant les égards de tout un chacun. « I agree with the leader of the opposition. But it has happened in the past. Rappelez-vous ce qui s’est passé à l’époque avec les amendements pour faire de Maurice une république. Le projet de loi a été présenté à l’Assemblée nationale en 48 heures sans donner le temps à l’opposition d’alors de se pencher sur les propositions. Des amendements étaient préparés alors que les débats étaient engagés à l’Assemblée nationale. Finalement, à la conclusion des débats, le projet de loi n’a même pas été mis au vote », a soutenu Navin Ramgoolam.
Bérenger : You hijacked Honourable Virahsawmy…
Ramgoolam : Vous avez approché des membres avec de l’argent…
Cette remarque du Premier ministre suscite de vives protestations de la part du leader de l’opposition, qui demande au Speaker que Navin Ramgoolam retire ses propos. Tout en se rétractant, le Premier ministre ajoute en emporte-pièce : « Mo kapav donn nom tou. »
Sur ce, cet incident est clos avec le Premier ministre reprenant ses explications autour du retrait de l’amendement à la Constitution. « Je dois réitérer le fait qu’il y a eu des consultations avec les autorités régionales à Rodrigues au sujet de la démarche du gouvernement. Il y a eu des échanges de correspondances. Le ministre des Administrations régionales en a fait état. Il n’y a pas eu de protestations ou d’objections à cette époque. Aujourd’hui, des réserves sont exprimées. Comme je l’ai déjà dit en cette même Chambre, si les Rodriguais ne sont pas d’accord avec ce projet, qui sommes-nous pour en imposer? », a conclu le Premier ministre.
Avec la présentation de la motion pour le retrait de la première version du Local Government Bill, le ministre des Administrations régionales a pris en ligne de mire Pravind Jugnauth, ancien vice-Premier ministre et ministre des Finances. « C’est malhonnête… malheureux de la part de l’ancien ministre des Finances de venir dire aujourd’hui qu’il n’y a pas eu de consultations sur ce projet de loi. Il y a eu plusieurs réunions interministérielles et il en a fait partie », martèle Hervé Aimée.
Le « point of order » a été soulevé par Pravind Jugnauth pour soutenir qu’à aucun moment lors de son passage au ministère des Finances, il n’a participé aux discussions évoquées par le ministre des Administrations régionales.
Aimée : Il y a eu plusieurs consultations et l’ancien ministre des Finances en a fait partie. Il y a même eu des échanges de correspondances avec le ministère des Finances.
Les motions pour le retrait des précédents amendements à la Constitution et de la première version du Local Government Bill ont été adoptées par l’Assemblée nationale.