La traversée du désert aura été longue et éprouvante. Aujourd’hui, les choses prennent une tournure favorable pour Kevin Ghunowa. Une importante décision familiale prise en novembre dernier à Southwell, à l’est de l’Angleterre, et revoilà Ghunowa, 37 ans le 10 avril prochain, en selle chez l’une des de rnières nées des écuries, en l’occurrence celle de Jean Michel Henry. Sa victoire sur l’outsider Maestro’s Salute dès la journée inaugurale 2014 augure une aventure intéressante chez les siens au Champ de Mars.
« My confidence is back», lâche d’entrée Kevin Ghunowa entre deux montes au training mardi dernier. La motivation est grande et je veux réussir mon passage au sein de l »établissement Jean-Michel Henry».
Né un matin du 10 avril 1981 à Poste de Flacq, il est l’ainé d’une famille de trois enfants, tous garçons (Ashvin aujourd’hui 25 ans et Ashley 15 ans). Il a effectué ses études secondaires dans la région (Modern College) jusqu’à la Form IV, avant de tenter un apprentissage chez l’écurie Gujadhur dans un milieu hippique qui l’aura toujours attiré. Il montait sa première course au Champ de Mars en 1998, soit à sa deuxième année de formation sur le tas. Un baptême du feu discret avec Confederate Grey, « sixième seulement d’une course remportée par Nishal Teeha», se souvient-il.
Durant la même année, il décide de faire un grand saut vers la Grande-Bretagne pour poursuivre un apprentissage plus pointu, selon lui. « J’ai été engagé comme groom/apprentice jockey par l’entraîneur Mark Plogzlae qui exerçait à Southwell. La vie d’un palefrenier/apprenti jockey en Angleterre est nettement différente de celle au Champ de Mars ou à Floréal. De 6h à 13h, on s’occupe de tout. On fait marcher le cheval, on l’entraîne, on le nourrit, on fait son toilettage. Après une pause, on retourne à l’écurie de 15h à 16h toujours aux petits soins des chevaux ».
Victorieux à Royal Ascot
À Southwell également, la chance ne sera pas d’entrée au rendez-vous pour le Mauricien. Pour sa première course officielle dans le Nottinghamshire, il termine 22e sur 26 partants dans une course de 2400m. « Je me souviens encore du nom de ma monture, King Priam, et du jockey vainqueur de l’épreuve, un certain Lanfranco Dettori ».
Ghunowa passera deux ans en Angleterre et accrochera une poignée de gagnants dont deux victoires à Royal Ascot à chaque fois dans la Hong Kong Sprint Cup. « Une première fois avec Judge’N Jury et une autre avec Tom Laughter», lâche-t -il non sans un brin de fierté.
Durant son passage en Europe, il aura l’occasion de goûter au « white turf » en Suisse . « C’est une autre expérience, une tout autre sensation de courir sur la neige. J’ai monté trois courses, avec une 2e et une 3e places et un non placé ».
En novembre 2013 — après quelques va-et-vient à Maurice, dont un marqué sa première victoire au Champ de Mars avec Golden Millenium le 29 novembre 2008 — Kevin Ghunowa prend la décision de retourner définitivement  au bercail, la naissance d’un nouveau bébé au sein de la famille oblige. Il prend contact avec Jean-Michel Henry, un des deux nouveaux entraîneurs autorisés pour la nouvelle saison. « J’ai débuté avec mon nouvel employeur le 24 janvier. Le courant passe bien au sein de l’écurie J.M.Henry. La victoire de Maestro’s Salute dès la première journée a cimenté les relations. J’espère qu’on ramènera d’autres gagnants. Avec une petite écurie, si j’arrive à signer 15 victoires, ce serait un objectif personnel atteint ».
Kevin Ghunowa a une pensée particulière pour ses parents et surtout pour son épouse Ainni qui s’occupent énormément de ses deux enfants. « Nous avons un bébé de 15 mois et un autre d’un mois seulement à la maison.  Avec le soutien total de mes parents et de ma femme, je peux me concentrer sur mon boulot qui est tout aussi exigeant. Je remercie aussi Rada Govindasami, une  connaissance à Surrey, aujourd’hui à la retraite et propriétaire de chevaux au Champ de Mars. »