Les investissements dans le secteur manufacturier à Maurice sont trop faibles, même si les exportations industrielles ont enregistré une croissance de l’ordre de 3,6% en mai de cette année par rapport à la même période en 2013. Tel est le constat fait par le ministre de l’Industrie et du Commerce Cader Sayed-Hossen hier à l’issue de la réunion consultative avec la participation du secrétaire financier Dev Manraj et son équipe, de représentants du BOI et d’Enterprise Mauritius ainsi que ceux d’institutions du secteur privé.
L’objectif principal de cette réunion était de jeter un nouveau regard sur le secteur manufacturier mauricien et d’identifier les contraintes qui l’affectent depuis quelques années. Les dernières statistiques publiées en mai dernier indiquent que les exportations manufacturières ont enregistré une croissance de 3,6% par rapport à la même période l’année dernière. À première vue donc, le secteur manufacturier se porte bien, mais à y voir de plus près, ce n’est pas le cas pour les investissements qui, eux, sont encore trop faibles. La contribution de l’industrie au Produit national brut (PNB) n’est également pas aussi bonne. Cette tendance est particulièrement inquiétante dans la mesure où elle ne permet pas à ce secteur de se moderniser et de connaître une innovation au niveau technologique. De plus, elle le restreint aux industries traditionnelles. Cader Sayed Hossen observe également que l’introduction d’une politique fiscale uniforme, avec une taxe de 15% sur les compagnies et une taxe de 15% de TVA qui a été assortie de l’abolition de toutes les incitations, n’a pas donné les résultats escomptés. Il relève que plusieurs autres pays concurrents ont suivi une stratégie opposée en accordant des incitations fiscales aux investisseurs intéressés dans la haute technologie. Ajouter à cela, le fait que les investisseurs mauriciens sont extrêmement prudents et s’aventurent difficilement dans de nouveaux secteurs.
Foire internationale d’Izmir
Le développement du secteur manufacturier a un effet multiplicateur dans l’économie. Aussi importe-t-il donc de prendre des mesures pour redynamiser ce secteur de manière à passer d’une économie à revenu moyen à un pays à revenu élevé. Les participants au comité consultatif se sont donné rendez-vous dans deux semaines afin d’arrêter une série de mesures susceptibles de donner un nouvel élan à ce secteur et d’attirer un nouveau modèle d’investisseurs internationaux.
Le secrétaire Dev Manraj a expliqué que cette réunion s’inscrit dans le cadre des consultations engagées avec les opérateurs de différents secteurs économiques. Il a également insisté sur l’importance pour le pays d’attirer des investisseurs dans les secteurs de hautes technologies.
Cader Sayed Hossen a aussi annoncé que Maurice participera à la 83e Foire internationale d’Izmir, en Turquie, le mois prochain, en tant que pays partenaire. Il s’est réjoui que Maurice, qui avait présenté sa candidature l’année dernière, ait été choisie parmi les autres concurrents. Ce sera, selon le ministre, une plateforme idéale pour présenter Maurice au niveau de la région. Plusieurs secteurs seront présentés, notamment ceux de l’industrie, de l’ingénierie légère, de la bijouterie, du tourisme, de la santé, de l’immobilier, de l’agro-industrie et de l’éducation supérieure.
Sur le chapitre de l’éducation supérieure, Maurice  offre la possibilité aux Turcs de poursuivre leurs études en anglais et en français. Plusieurs institutions mauriciennes, dont Air Mauritius, ont prévu des manifestations à cette occasion. Le pavillon mauricien organisera également des activités afin de montrer toutes les facettes culturelles et musicales du pays.