Voté à l’unanimité hier par le comité de politique monétaire (MPC) de la Banque de Maurice (BoM), le maintien du taux directeur à 4,65 % est bien accueilli dans les milieux des opérateurs économiques. « C’est une décision qui ne va pas créer de turbulences », a commenté ce matin Ahmed Parkar, président du Joint Economic Council (JEC), l’instance regroupant les différentes organisations sectorielles du privé.
Dans le communiqué annonçant la décision du MPC, la BoM indique que le comité de politique monétaire a pris note des dernières projections du Fonds monétaire international (FMI) concernant l’économie globale, le rapport publié au début de ce mois faisant état d’un taux de croissance de 3,3 % en 2014 et qui grimpera à 3,8 % l’année prochaine. Cependant, la croissance variera selon les régions. Elle devrait rester forte aux États-Unis et au Royaume-Uni, alors que dans la zone euro la reprise sera plutôt faible. Le MPC anticipe un renforcement de l’activité économique dans plusieurs pays émergents alors que le contexte global concernant l’inflation devrait demeurer sous contrôle dans le sillage de la baisse des prix des produits pétroliers et alimentaires.
Pour ce qui est de l’économie mauricienne, le MPC a constaté une relance au cours du deuxième trimestre 2014, la croissance étant plus élevée dans les principaux secteurs de l’économie nationale. « The underlying growth momentum is projected to remain positive during the second semester of the year », annoncent les autorités bancaires. Les techniciens de la BoM s’attendent à un taux de croissance variant entre 3,4 % et 3,6 % pour cette année, une estimation qui, précise-t-on, n’a pas changé.
Quant à l’inflation, le taux en progression annuelle (year-on-year inflation) est passé de 3,3 % à fin juin 2014 à 2,9 % à fin septembre. Cette baisse est attribuée principalement au repli des prix des denrées alimentaires et du transport. À la BoM, on pense qu’en décembre 2014 le taux de la year-on-year inflation se situerait autour de 3 %.
Le MPC a mesuré les risques à la croissance et à l’inflation pour les prochains mois. Il a constaté que l’économie mauricienne a fait montre de résilience pendant le premier semestre 2014 surtout grâce à une croissance de 4,6 % pendant le deuxième trimestre. Les conditions économiques locales sont restées plus ou moins inchangées depuis la dernière réunion du comité il y a un peu plus de trois mois. Cependant, le comité est d’avis que les niveaux d’investissement et de productivité, la compétitivité de l’économie mauricienne et le déficit des comptes courants demeurent des sujets d’inquiétude.
« Certains membres du comité ont à nouveau engagé des discussions sur la normalisation du taux d’intérêt en vue de mitiger les risques à la stabilité financière et de relancer l’épargne domestique. Ces membres ont toutefois convenu que toute approche dans cette direction dépendra de l’évolution future des prix et des développements dans le secteur réel de l’économie nationale », ajoute le communiqué.
Invité à commenter la décision du MPC, Ahmed Parkar a trouvé que le maintien du taux directeur à 4,65 % est une « bonne décision » dans une conjoncture de préservation des emplois, de relance des investissements et de haut niveau de la dette privée. « C’est une décision qui ne va pas créer de l’instabilité ou de turbulences », a-t-il souligné.
Par ailleurs, Raju Jaddoo, secrétaire général de la Mauritius Chamber of Commerce and Industry (MCCI), a accueilli favorablement la décision du MPC, soutenant que les dernières prévisions de la BoM concernant la croissance et l’inflation rejoignent celles faites depuis des mois déjà par la MCCI. Raju Jaddoo a soutenu que la MCCI a fait preuve de « consistency » dans son approche et considère que « dans la conjoncture, il faut privilégier la croissance ».