La direction de l’APEIM maintient sa décision de fermer ses écoles à partir de janvier. Lors d’une réunion ce matin, les parents d’enfants fréquentant ces établissements ont dit leur détermination à faire entendre raison au gouvernement afin que leurs enfants handicapés puissent bénéficier d’une éducation gratuite. Ne voulant plus rester dans le flou, ils ont décidé ce matin de se rendre bientôt au bureau du ministre de l’Éducation pour être fixés. « Nous ne quitterons pas le ministère tant que nous n’aurons pas de réponse », ont-ils averti. De son côté, le BEC confirme avoir fait une offre au gouvernement pour prendre en charge ces écoles.
En mars dernier, l’APEIM a informé le ministère de l’Éducation de sa décision de se retirer de l’éducation des enfants souffrant d’un handicap mental, et ce à compter de janvier 2014, expliquant que c’est « le rôle et le devoir » de l’État de prendre en charge l’éducation des enfants handicapés. L’APEIM a envoyé deux autres correspondances au  gouvernement, notamment en septembre et en octobre, pour leur demander de lui faire part des dispositions ayant été prises pour la scolarité des 250 enfants fréquentant ses écoles. L’APEIM espérait que le ministère allait lui donner des indications sur sa démarche avant vendredi dernier, date de l’arrêt des classes pour 2013. Sans résultat. Conséquence : la direction de l’APEIM a invité ce matin parents et membres du personnel des écoles à une réunion à son siège, à Trianon, pour leur communiquer toutes les démarches entreprises jusqu’ici auprès du ministère. Yves Giraud, secrétaire et responsable des Relations publiques à l’APEIM, a ainsi révélé que le Bureau de l’éducation catholique (BEC) a exprimé officiellement son souhait au ministère pour prendre en charge les neuf écoles de l’APEIM. « Le BEC a envoyé une lettre depuis le mois d’août au ministère, mais aucune réponse jusqu’ici », a indiqué  Y. Giraud. Notons par ailleurs la présence remarquée à cette réunion d’Armoogum Parsuramen, ancien ministre de l’Éducation qui oeuvre désormais pour  l’intégration des enfants handicapés dans le système éducatif normal.
De leur côté, les parents, nombreux à cette réunion, ont fait part ouvertement de leur angoisse devant « l’incertitude » concernant la scolarité de leurs enfants à partir de l’année prochaine. La colère était palpable. « Malgre tou zefor ki finn fer, minister pa pe bouze. Mo panse ki nou bizin sanz stratezi », a ainsi expliqué un père de famille. D’autres parents ont estimé que c’était à eux désormais de prende la situation en main. D’où leur décision d’aller s’enquérir auprès du ministère de l’Education, où ils demandent à rencontrer le ministre Bunwaree en personne. « Si bizin campe divan minister, pou resi zwen minis-la e pou ki  gagyn enn repons, nou pou fer li. Nou bizin rest solider. » Une proposition favorablement accueillie et applaudie par l’ensemble des parents.