L’incidence élevée de l’infection de l’hépatite C chez les porteurs du VIH représente un véritable défi pour les services de santé publique pour fournir un traitement à ces patients, a déclaré le ministre de la Santé Lormus Bundhoo lors d’une réunion de travail en début de semaine au ministère avec Michel Sidibé, directeur exécutif de l’UNAIDS et sous-secrétaire des Nations unies et sa délégation. En effet, 97 % des cas répertoriés de toxicomanes infectés par le VIH/sida ont également contracté l’hépatite C., alors que 71, 1 % des personnes vivant avec le VIH/sida sont des toxicomanes ayant été contaminées par des seringues souillées.
M. Bundhoo a évoqué la mise sur pied d’un comité pour se pencher sur l’élimination des restrictions s’appliquant aux voyageurs vivant avec le VIH/sida. Il a également indiqué qu’un autre « challenge » pour son ministère est de se pencher sur la distribution gratuite de préservatifs dans les prisons pour y réduire la propagation du VIH/sida. Le ministre de la Santé a par ailleurs affirmé qu’il y a un manque de spécialistes du VIH/sida et de dermatologues pour traiter les personnes vivant avec le VIH.
Des représentants des ONG ont participé à la réunion de travail avec le directeur exécutif de l’UNAIDS et d’autres délégués d’agences des Nations unies à Maurice. Selon le ministère de la Santé, le nombre de nouveaux cas de VIH/sida a diminué depuis 2011. De 401 cas enregistrés pendant cette période, on est passé à 320 cas en 2012 et 260 cas l’année dernière. « En d’autres mots bien avant 2015 Maurice a été capable d’arrêter la progression du VIH comme requis par les Millenium Development Goals 6 des Nations unies », a déclaré le ministre de la Santé. Entre 2006 et 2010 le nombre moyen de nouveaux cas détectés annuellement était de 550. L’incidence réduite du VIH/sida s’explique, dit-il, par la thérapie de substitution à la méthadone, y compris dans les prisons, et du programme d’échange de seringues, la gratuité des médicaments antirétroviraux, la réduction de la transmission de la mère à l’enfant et la décentralisation des services du VIH/sida accroissant l’accessibilité et combattant la stigmatisation.