Libreville, au Gabon, accueille depuis hier le 14e Forum de l’AGOA qui comprend une réunion ministérielle Afrique/États-Unis. Cette réunion intervient après l’adoption par le congrès américain de l’extension de l’AGOA pour les dix prochaines années. Maurice y est représentée par le ministre des Affaires étrangères, Étienne Sinatambou.
La réunion ministérielle sera précédée d’une réunion d’experts et de hauts officiels qui examinera le rapport à mi-parcours de l’AGOA, qui servira de document de base lors des discussions entre les États-Unis et les pays africains bénéficiaires sur les orientations futures des relations entre les deux parties.
Les autres thèmes qui seront abordés lors de la réunion concerneront 1) la nouvelle législation de l’AGOA et ses implications sur le partenariat Afrique/Amérique, 2) les opportunités et stratégies qui devront être adoptées afin de profiter pleinement des provisions de l’AGOA, et 3) l’impact des autres négociations multilatérales et régionales sur le régime préférentiel préconisé sous l’AGOA.
Selon Étienne Sinatambou, l’examen à mi-parcours de l’AGOA a déjà fait l’objet de discussions préliminaires lors d’une réunion tenue à Washington les 9 et 10 juillet dernier et qui avait vu la participation d’un certain nombre de ministres et autres experts. Le renouvellement de l’AGOA est ponctué de nouveaux éléments tels que 1) les prérogatives du président américain de suspendre les provisions de l’AGOA à un pays bénéficiaire, 2) le droit de regard de la société civile sur le respect des provisions de l’AGOA, 3) l’obligation des pays bénéficiaires de présenter une stratégie par rapport à l’utilisation des provisions de l’AGOA, et 4) la possibilité, à terme, des États de négocier un accord de libre-échange avec les États-Unis.
D’autre part, la nouvelle législation requiert désormais la réciprocité de la part des pays bénéficiaires tout comme c’est le cas, par exemple, pour les accords de partenariat avec l’Union européenne. Les autres nouveautés concernent les modifications des règles d’origines, un examen annuel dans chacun des pays bénéficiaires qui peut amener un déclassement, voire une inéligibilité, et l’introduction de baromètres sociaux pour déterminer l’éligibilité des États.
La nouvelle législation approuvée par le congrès américain prône donc une approche différente dans les relations économiques entre l’Afrique et les États-Unis. Les nouvelles normes prescrites auront un impact sur les mesures administratives et commerciales des pays africains, notamment sur les barrières non-tarifaires telles l’investissement et les appels d’offres. De plus, l’introduction du principe de réciprocité dans le commerce entre les deux parties, qui n’existait pas précédemment, conférera aux investisseurs américains un point d’appui solide pour pénétrer le marché africain, qui était dans la plupart des cas fermé.
C’est donc dans un contexte nouveau que les ministres africains vont se réunir pour discuter avec leur partenaire américain et chercher à comprendre de manière claire les attentes des autorités américaines par rapport aux nouvelles provisions, particulièrement celles ayant trait aux aspects sociaux.